Debrief: Victoire de Trump, les conséquences

Debrief: Victoire de Trump, les conséquences

Donald J Trump vient d’être élu 45ème président des Etats-Unis.

Au fil de la soirée électorale, les prédictions d’abord favorable à Clinton ont peu à peu basculé vers Trump, la Floride étant la première surprise d’une série de nouvelles désastreuses pour le camp démocrate, tandis que les données confirmaient implacablement la percée de Trump dans l’électorat rural, renversant les Etats et les prédictions les uns après les autres. Il aura fallu attendre 1h30 du matin pour que les médias se décident à reconnaitre l’évidence. De mon côté, cela faisait deux heures que je m’efforçais sans succès de trouver le sommeil, tiraillé par la stupeur et les interrogations concernant les conséquences de ce choc politique sans précédent.


La nuit fut longue, la désillusion brutale…

J’avais exprimé mon sentiment concernant les chances élevées d’une victoire de Trump lors de nos premiers échanges, mais les sondages unanimement optimistes pour les démocrates reflétant des performances avantageant largement Clinton lors des trois débats m’avaient persuadé de la victoire d’Hillary.

Hier j’écrivais, encore confiant : « si les sondages se trompent (et certains Etats bleu clairs n’ont que 2.5% d’avance dans les sondages (…)), nous pourrions assister à une victoire surprise de Trump, par une marge faible. (…) Trump a fait le pari de mobiliser l’électorat blanc, non diplômé et masculin. Il s’agit d’un électorat encore nombreux, surtout dans les Etats clés de l’Ohio (OH), Pennsylvania (PA), North Carolina (NC), New Hampshire (NH) et Michigan (MI)… et qui, d’habitude, ne se déplace pas pour aller voter. Il s’agit du même type d’électorat qui avait surpris les sondeurs britanniques en faisant gagner le Brexit en juin »

C’est exactement ce qui s’est passé : le vote blanc/ouvrier des états industriels du mid west s’est reporté massivement sur Donald Trump, tandis que l’électorat jeune en général et noir en particulier s’est déplacé en moins grand nombre. Cela a suffi à faire basculer la carte électorale et l’élection à Donald Trump (il remporte les cinq états cités plus haut, avec une marge parfois très faible, ne dépassant pas les 0.5% en North Carolina). Notez qu’à l’échelle nationale, Clinton l’emporte d’environ 0.5% en nombre de voix.

Je reviendrais dans un prochain message sur les causes profondes de la victoire de Trump, mais pour l’instant on peut retenir que ce sont bien les électeurs blancs, masculins, ouvriers et ruraux qui ont permis au milliardaire de l’emporter. L’aspect géographique est impressionnant, même dans les Etats démocrates, seules les grandes villes ont voté majoritairement pour Clinton. Dans l’Etat de New York, la ville a voté à environ 80% démocrate mais le reste de l’état a voté républicain !

Trump a su capter ses votes en axant sa campagne sur trois boucs émissaires : le libre-échange, l’immigration et les élites.

Les commentateurs dans leur grande majorité, sont particulièrement alarmés par cette victoire surprise, allant jusqu’à parler de la fin de la civilisation humaniste, tandis que certains  de mes lecteurs s’en amusent ou ne peuvent s’empêcher d’y voir un signe d’espoir, de renouveau ou au moins de changement qui devrait faire bouger les choses.  Je voudrais donc dans cet article me focaliser sur les conséquences de l’élection de Donald Trump, autant que l’on peut les prédire pour l’instant.


Les conséquences négatives


Premier constat : les commentateurs s’attendaient à une large victoire de Clinton, qui aurait eu pour effet de porter les candidats démocrates au Sénat, avec comme conséquence une majorité démocrate dans cette chambre du congrès. Cette idée était si solidement ancrée dans les deux camps que les sénateurs républicains avaient commencé à désavouer Trump pour conserver leurs chances tandis que la campagne de Clinton avait commencé à dépenser des ressources pour les élections sénatoriales ! 

L’intervention impromptue du FBI dans l’affaire des emails a fait basculer la dynamique et le résultat est connu : les républicains conservent une majorité dans les deux chambres du congrès.

Trump va donc pouvoir gouverner efficacement. Mais pour faire quoi, et avec qui ?

Son discours de victoire qui comporte deux parties distinctes, est particulièrement intéressant à analyser. Dans la première, il parle de rassemblement, d’unité et produit de profonds éloges envers Hillary Clinton, sur un ton qu’on ne lui connaissait pas. Comme si le personnage qu’il a joué pendant la campagne faisait place à un homme d’Etat. Ces propos auraient presque pu venir de la bouche de Bernie Sanders. Il parle d’améliorer la vie des américains, de  s’occuper des laissés pour compte et d’investir massivement dans l’économie via des grands travaux d’infrastructure (le congrès Républicain avait refusé par deux fois un pareil projet à Obama). Honnêtement, en écoutant cette partie de son discours, je ne pus refréner un certain enthousiasme.


Seconde partie, Trump remercie chaleureusement sa famille et ses amis. Et c’est là que les choses coincent. Parce qu’il a conduit une campagne particulièrement raciste, xénophobe et populiste, les rares personnalités ayant accepté de le rejoindre sont, pour simplifier, ce que le parti républicain compte de membres les plus extrêmistes. Des conservateurs purs et durs, des xénophobes et négationnistes avérés (le directeur de campagne) et dont l’agenda diverge parfois grandement de celui de Donald Trump.

Pourra-t-il et voudra-t-il tenir ses promesses de campagne ? En particulier ce qui touche à l’amélioration du niveau de vie des gens ?

Une analyse rationnelle permet de dégager les principales conséquences de la victoire surprise de Trump (classées par ordre de gravité et de chance d’occurrence) :

1) La cour suprême sera dominée par les républicains. Pour les américains, cela signifie que pour les 10 à 30 prochaines années, les questions majeures comme la lutte contre le réchauffement climatique, le port d’armes, l’avortement, les droits des femmes et des homosexuels… seront tranchés par une cour suprême majoritairement républicaine. (c’est d’ailleurs une des raisons principales qui a poussé certains républicains à voter pour Trump plutôt que Clinton). Pour le monde, c’est la fin des espoirs de lutte contre le réchauffement climatique (soumis au vote dans les mois à venir).

2) L’accord sur le climat de la COP21 devrait être abandonné. Non seulement Trump l’a promis, mais le parti républicain et ses électeurs continuent de considérer le réchauffement climatique comme un complot. Donc coup d’arrêt majeur à la lutte contre le réchauffement climatique. Ainsi que toutes les politiques engagés par Obama pour sortir les Etats-Unis de l’âge des centrales à charbon et de limitation d’exploitation des gaz de schistes. Ici, les réalités économiques et industrielles (non-rentabilité) pourront potentiellement limiter l’effet négatif de l’arrêt de toute politique fédérale de protection du climat.

3) La sortie de l’OTAN. Trump l’a évoquée mais plus réalistement parlant, le risque concerne surtout une posture moins déterminée à tenir les engagements de l’OTAN (en particulier la défense des états membres).  Cela équivaudrait à donner carte blanche à la Russie. De là à imaginer qu’il pleuvra bientôt des bombes nucléaires russes sur l’Europe, c’est un peu excessif. Mais le fait est que la Russie a clairement cherché (et réussi) à influencer les élections américaines en piratant puis offrant à Wikileaks les emails de la campagne démocrate, ainsi que des correspondances privées de Clinton et ses discours prononcés devant les banques de Wall Street. La question est donc, pourquoi Poutine tient-il à voir Trump se faire élire ? La réponse est probablement qu’il espère avoir les mains libres pour continuer sa politique d’expansion, au Moyen Orient et peut-être en Europe de l’Est. Sur le sujet de la Russie, notons quelques faits alarmants qui portent à croire que Poutine se place dans une logique de nouvelle guerre froide : la re-ouverture du KGB, l’augmentation massive des budgets militaires, l’arrêt du programme de démantèlement des ogives nucléaires et la mise en service du missile intercontinental Satan-2 dont la puissance suffit à effacer une région de la taille du Texas de la carte et dont la portée permet d’atteindre les principales capitales Européennes. De son côté, Trump a plusieurs fois exprimé son admiration pour le dictateur russe, et, selon certaines rumeurs, détiendrait même des avoirs financiers en Russie…

4) L’annulation de l’accord Iranien : décrié par Trump et les Républicains, salué par tous les diplomates ; cet accord mettant un terme à la misère du peuple iranien sous embargo, introduisant une contre puissance locale en face de l’Arabie Saoudite et permettant d’arrêter le programme de recherche nucléaire militaire sera remis en question. Ici encore, pour des raisons de réalisme politique, il n’est pas sûr que Trump pourra faire purement et simplement annuler cet accord.


7) L’implosion de l’Europe : Ce risque est délicat à évaluer car selon votre propre point de vue sur l’Europe vous pouvez y voir ou non un point positif.

L’idée est que Donald Trump a ouvert la voie du succès à deux types de personnes : les politiciens populistes xénophobes et protectionnistes d’une part, et leur électorat d’autre part. Ces deux types de personnes peuvent légitimement penser que les même recettes produirons chez nous  les même fruits.
En clair, l’Europe est déjà au bord de l’implosion suite au Brexit, à la crise des migrants et l’arrivée en Pologne et Hongrie de dirigeants d’extrême droite. Dans de nombreux pays, l’extrême droite est au pouvoir par coalition (la Finlande, les Pays-Bas…). Dans ces conditions, si Trump fait des émules lors des prochaines élections (France, Allemagne entre autres) on peut légitimement s’inquiéter du sort de l’UE. Certes, on pourrait aussi envisager une sortie de la France ou d’autres pays de l’Europe, ou simplement une refonte de l’Union dans un ensemble plus cohérent, mais alors ce serait sur la base d’une analyse rationnelle impliquant une sortie s’effectuant «par le haut». Or, dans le cas de figure du mouvement populiste « trumpiste », fondé sur l’émotionnel et l’irrationnel, il en découlera une sortie « par le bas ».

8.) Le risque de dérapage : Une crainte majeure des pessimistes concerne la nature de Donald Trump.

A travers la campagne et les débats, Donald a démontré une certaine incapacité à produire un argumentation claire voir des phrases intelligibles lorsqu’il est attaqué personnellement. Il a perdu son self-control à plusieurs reprises. Le fait qu’il ait passé deux heures à insulter une femme sur Twitter en pleine nuit ou réagi fortement à une provocation sur cette même plateforme, tend à prouver une nature instable et émotive, ce qui n’est pas pas des plus rassurant quand l’individu en question possède les codes nucléaires et est aux commandes de la première armée du monde… Au-delà de ses réactions émotives et de sa faible capacité à écouter ses conseillers (il marche à l’instinct, selon ses « gut feelings »), on peut craindre une nature « manipulable » par des personnalités comme Poutine, ou les dirigeants Iraniens/Israéliens etc.  La double inquiétude concerne donc son manque de self control et ses difficultés à écouter et à prendre des conseils d’autrui, deux traits de caractère illustrés à maintes reprises pendant la campagne…

9) La lutte contre les inégalités ?

Les principaux problèmes sociaux américains peuvent se résumer à deux causes: la race, et l’inégalité des richesses. Sur le problème du racisme, la campagne de Trump a déjà fait des dégâts considérables.

Sur l’inégalité des richesses, les deux leviers principaux pour la combattre sont l’accès à l’éducation et la redistribution des richesses par l’impôt (les deux principaux thème de campagne de Clinton). Sur ces deux aspects, Trump ne propose rien. Pire, il propose une baisse inégale des impôts (peu significatives pour les gens gagnant moins de 250,000 dollars par an et très significative pour les autres). En clair, à moins que ses mesures protectionnistes prennent effet et rapatrient des millions d’emplois délocalisés ou effectués désormais par des machines, les inégalités vont continuer de se creuser aux USA, et avec elles tous les problèmes qui en découlent.

En plus des neuf risques ainsi identifiés, je voudrais aussi attirer l’attention sur des dangers plus subjectifs et subtils mais pourtant bien réels à mes yeux, qui découlent de la victoire de Donald Trump. Ils ont trait à l’exportation vers toutes les démocraties de la planète  de certains aspects de cette campagne électorale américaine :

1) Le populisme :

La victoire de Donald Trump s’inscrit dans une dynamique mondiale qui voit les mouvements populistes triompher dans de nombreuses démocraties. On citera l’élection du violent Dutertre aux Philippines, la victoire du Brexit en G.B et  l’accession au pouvoir du parti fasciste en Pologne.

2) La nouvelle façon de faire de la politique : 

Le cas de Trump risque de faire école et de servir de précédant. Il a démontré que le fait de tenir des propos à la limite de la légalité, de menacer la démocratie (refus de reconnaitre la défaite, proposition anticonstitutionnelle contre les musulmans et Hillary Clinton) et plus généralement de débiter en public (lors des débats) mensonges et amalgames ou aller jusqu’à mentir platement ou refuser directement de répondre à des questions précises, n’empêchait pas de gagner une élection.
En clair, c’est le triomphe de l’émotion sur la raison. Avec comme corollaire le fait que l’on puisse dire n’importe quoi et gagner une élection.

3)  La victoire du « bully » : En anglais un « bully » désigne une brute dans le sens de quelqu’un qui persécute les plus faibles (au départ dans le contexte scolaire). Trump en est un exemple parfait, tout droit sorti des bancs du collège. Pendant les débats des primaires, il s’est ouvertement moqué de ses adversaires, les a affublés de surnoms (« Ted le menteur », « Rubio le petit », « Bush le faible ») par lesquels il s’adressait à eux en toute impunité. Il leur coupait systématiquement la parole et a menacé de poursuites judiciaires journalistes, détracteurs et Hillary Clinton elle-même. Au cours des débats contre cette dernière, ses tactiques habituelles n’ont pas fonctionné (cela en dit beaucoup sur les qualités de Clinton dans cet exercice). Lors du second débat, il n’a pas hésité à se placer dans une attitude physique très menaçante (dans l’article que j’avais consacré, j’avais même exprimé ma crainte réelle de le voir en venir aux mains) et a directement insulté Hillary Clinton (« such a nasty woman »). Hors des débats, il a agité le spectre des émeutes en promettant des risques d’affrontements en cas de défaite, incité ses supporters à aller observer chaque bureau de vote (posture d’intimidation envers les électeurs de couleur en particulier), a incité implicitement les pro-armes à tuer Hillary Clinton… et finalement, en martelant que les élections étaient truquées et que le système était contre lui, il a poussé le directeur du FBI à remettre les emails de Clinton sur la table. Cette attitude qui lui a permis de remporter les élections,  va donc cautionner et encourager pareille posture dans le futur…


4) L’image déterioré du pouvoir

L’Amérique vient de porter au pouvoir un individu ayant normalisé les propos racistes, les insultes (en particuliers envers les femmes et les immigrants) et au langage parfois vulgaire et grossier. Les répercussions sur la société américaine sont incertaines. Les enfants  qui vont grandir avec ce modèle risquent de sentir qu’une attitude de brute épaisse et vulgaire, irrespectueuse d’autrui, est la clé du succès dans la vie.

5) Le cautionnement du pire

Sous cette rubrique, je veux toucher à deux choses.

Premièrement,  en choisissant comme directeur de campagne l’ancien directeur du site internet ultra conservateur et réactionnaire Breitbar (qui pratique la désinformation, supporte de nombreuses théories du complot et combat à peu près tout ce qui existe comme valeurs progressistes, du droit à l’avortement à la lutte contre le racisme) et en invitant des anciens membre du KuKluxKlan et des membres de groupes d’extrême droite dure dans sa campagne, Trump a cautionné explicitement l’existence de tels mouvements et leur a donné une tribune sans précédent. Les membres de ces groupes, à la limite de la légalité, sont désormais interviewés par les grands médias et leurs opinions s’en trouvent forcément banalisées…

Le second « cautionnement du pire » tient à la posture même de Trump, qui, avec cette victoire, prouve aux yeux de tous que « la fin justifie tous les moyens » puisqu’il a finalement bel et bien remporté cette élection, allant jusqu’à recevoir désormais les louanges d’élus républicains l’ayant auparavant désavoués.


Je souhaite terminer sur une note positive en évoquant certaines répercussions encourageantes.


Les Conséquences positives



1) L’Amérique réconciliée ?

Force est de constater qu’il existe plus que jamais un clivage majeur aux Etats-Unis. D’un côté les libéraux/progressistes, de l’autre les conservateurs réactionnaires. Au sein de ces groupes, on retrouve des extrêmes. Dans le cas des républicains, il s’agit essentiellement de ces « white, non-educated male » qui, pour une certaine proportion, se nourrissent des thèses conspirationnistes, de l’idée d’un système politique complètement corrompu et qui, notons-le au passage, possèdent de nombreuses armes à feux. La victoire de Clinton aurait pu mettre le feu aux poudres, ou dans le meilleur des cas aurait laissé cette frange de la population frustrée et plus que jamais convaincue de l’existence d’un complot du système. Puisque le candidat anti-système a gagné, ces excités potentiels devraient à la fois revenir à la raison et constater d’eux même, au fil du mandat de Trump, que la réalité est plus complexe que Donald Trump a bien voulu leur faire croire.

Un mal pour un bien, peut-être ?

2) 50% des électeurs américains sont heureux :

Ils voulaient du changement, faire basculer le système, faire bouger les lignes. Ils auront normalement le droit à la remise en cause de la mondialisation, du libre-échange, du lobbysme, de la toute-puissance des marchés financiers… tout cela est peut être très idéalisé (Bernie Sanders semblait plus authentique dans son combat pour la justice sociale que Donald Trump!) mais tout de même, ces électeurs voient en Trump un espoir, comme d’autres lors de l’élection précédente d’Obama. Seront-ils déçus ? Forcément en partie. Mais pas nécessairement dans la totalité. Le système peut changer en bien, et pousser les élites européennes et financières à se préoccuper enfin du bien être des fameux « laissés pour compte ».

A voir les suites du vote du Brexit, cela ressemble un vœu pieu. Mais laissons à Trump et à ses électeurs le bénéfice du doute…


3) Le risque de guerre avec la Russie : 

Une autre façon d’appréhender ce problème est de se rappeler que Clinton défendait une posture  très « interventionniste » et que sa tendance à recourir à la force aurait pu déboucher sur une escalade dangereuse avec Poutine et sa volonté de rétablir la guerre froide. Trump sera peut-être plus habile et moins réceptif aux sirènes des « va-t’en guerre » du Pentagone qui, selon le Monde Diplomatique, ont poussé Obama à une escalade avec la Russie. Tout est question de point de vue, et personne ne peut prétendre avoir entièrement raison.

4) Une présidence qui fonctionne : 

La réforme de la santé d’Obama lui avait couté la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat. Depuis 2010, Obama n’a pu passer quasiment aucune lois, du fait du blocage systématique (et sans précédent) du parti républicain. Le pari de ce dernier était que si Obama ne pouvait faire passer aucune réforme, il perdrait les élections de 2012. Le résultat est connu : les américains méprisent le Congrès (et ont voté pour Bernie Sanders et élu Donald Trump) mais ce Congrès est désormais totalement aux mains des républicains, ce qui va rendre la pays à nouveau gouvernable.
Une victoire de Clinton aurait débouché sur un nouveau blocage. Ses tentatives de sauvetage de la loi « Obama care », de contrôle des armes à feux, de hausse du salaire minimum, son projet de hausse d’impôts sur les plus riches, de lutte contre les inégalités par redistribution fiscale, d’aide à la contraception, d’investissement dans les énergies renouvelables… aucune de ces mesures ne seraient passées au Congrès.

Avec Trump, les mesures des républicains devraient pouvoir passer sans problème. A priori, difficile d’être enthousiasmé par la baisse massive des impôts des plus riches, la fin de l’Obama care, du mariage gay, des programmes sociaux telle l’aide à la contraception, du droit à l’avortement, de l’investissement dans les énergies renouvelable… mais Trump semble bien plus à gauche que le congrès républicain et certaines mesures, comme son plan de relance via les investissement dans les infrastructures ou le frein mis à la mondialisation pourraient au final produire des effets intéressants.


5) La mise en cause du système

Dans toutes les démocraties, le statu quo et les élites sont menacés. Peut-être que ce coup de tonner politique sera entièrement récupéré, mais peut-être qu’il débouchera, par anticipation, sur plus de justice sociale et moins de politique d’austérité en Europe. Le programme de Trump et le profile de ses proches conseillers me fait craindre le pire pour les USA. Il en sera peut être autrement pour le reste du « monde libre »

Vivre aux Etats-Unis pendant cette période électorale m’a permis de réaliser la sagesse et les qualités humaines d’Obama, la compétence et le sérieux de Clinton et le dévouement de centaines de Texans aux causes libertaires/ progressives. Il m’est pénible de voir l’héritage du premier et la candidature du second jetée aux oubliettes, mais qui peut prétendre prédire ce que l’avenir nous réserve ?


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