Camps de concentration et chants racistes, jusqu’où iront Trump et la droite américaine ?

Camps de concentration et chants racistes, jusqu’où iront Trump et la droite américaine ?

Des demandeurs d’asile parqués dans des centres de détention aux conditions inhumaines, qualifiées de camp de concentration par l’élue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, jusqu’aux chants fascistes scandés dans les meetings de Donald Trump, en passant par des tweets racistes défendus par le parti républicain et une milice « fascitoïde » au sein des gardes frontières, l’Amérique de Trump prend un tournant de plus en plus sombre. À l’origine de ce basculement, une crise migratoire dont la gestion fait écho à l’approche européenne, et un racisme profondément ancré dans l’ADN du président des États-Unis, et de son parti. Retour sur une séquence inquiétante. 

1) Les origines de la crise migratoire à la frontière mexicaine

Sujet complexe, l’immigration se trouve au cœur de la crise morale et politique qui secoue les États-Unis. Pour la comprendre, il faut partir des faits. 

La frontière entre le Mexique et les États-Unis, qui s’étale sur plus de trois mille kilomètres, a toujours été une zone de passage. Dans les années 70, les ouvriers et paysans mexicains la franchissaient toutes les semaines, travaillant d’un côté et vivant de l’autre. Aujourd’hui, la frontière est traversée 350 millions de fois chaque année, de manière légale, majoritairement dans le cadre d’activités économiques (tourisme et commerce). Le Mexique demeure le second partenaire commercial des États-Unis.

Soucieux de contrôler l’immigration illégale et le trafic de drogue, Bill Clinton avait entamé une militarisation de la frontière, qui s’est prolongée sous Bush et Obama. Le « mur » de barbelés et poste-frontières aurait déjà couté la vie à plus de 5500 personnes, mortes dans le désert ou noyées dans le Rio Grande, avant l’arrivée de Donald Trump. [1]

Ce dernier avait placé la lutte contre l’immigration illégale au cœur de sa campagne. Dès l’annonce de sa candidature, il déclara :

Lorsque le Mexique envoie ses gens, il n’envoie pas leurs meilleurs. Ils ne vous envoient pas vous. Ils ne vous envoient pas vous. Ils envoient des gens qui ont de nombreux problèmes, et qui apportent ces problèmes avec eux. Ils amènent des drogues. Ils amènent du crime. Ce sont des violeurs. Et certains, je suppose, sont des gens bien. Donald Trump, discours de lancement de campagne, juin 2015.

Sa solution ? Construire un mur de béton de 3000 kilomètres de long. 

Barrière à la frontière Mexique en 2015 -USA, Photo: B Denton for The New York Times

L’immigration illégale était cependant en baisse continue depuis 2000, comme le montrent les statistiques du département des douanes américain :

Nombre d’apréhension de clandestins à la frontière, entre 2000 et 2017, Sources : Département des douanes US /BBC

L’année 2017 fut marquée par un point bas historique, ce que certains commentateurs ont interprété comme la preuve de l’efficacité du discours dissuasif de Donald Trump. Dans les faits, l’opposition démocrate au Congrès avait bloqué le financement de moyens coercitifs supplémentaires, en particulier de ceux qui auraient pu permettre de débuter la construction du fameux mur. 

Mais à partir de 2018, les entrées de sans-papiers repartent à la hausse. Cette tendance s’accélère en 2019, au point de déborder les capacités d’accueil des autorités américaines. 

Lecture : Chaque courbe représente une année différente, et donne le nombre d’apréhensions par mois. On voit la courbe grise (2017) en point bas, puis le nombre augmente en 2018 tout en se situant dans la moyenne (courbe orange) et explose en 2019 (courbe rouge). Sources : US Customs and border protection : https://www.cbp.gov/newsroom/stats/sw-border-migration

Les migrants proviennent essentiellement de trois pays d’Amérique centrale touchés par l’extrême pauvreté et la violence : le Honduras, le Guatemala et El Salvador. Le taux d’homicide y est équivalent à celui des zones de guerres civiles que sont la Syrie, l’Irak où le Yémen. Le réchauffement climatique et l’extrême pauvreté, en plus des réformes néolibérales ayant déconstruit l’État providence, expliqueraient les problèmes au Guatemala. En Honduras et El Salvador, les gangs de narcotrafiquants seraient la principale cause de violence. À la dégradation des conditions de vie dans ces pays s’ajouterait une meilleure organisation des réseaux de passeurs, qui véhiculent les candidats à l’exil par bus entiers à travers le Mexique. [2]

Les États-Unis ne sont pas étrangers à ces conditions, au contraire. Ce sont eux qui ont déstabilisé ces trois pays dans les années 80 et 90, et appuyé le coup d’État militaire en Honduras (première source de réfugiés) en 2009. Le seul pays d’Amérique centrale dont la population ne migre pas massivement vers les USA n’est autre que le Nicaragua, que John Bolton (secrétaire à la défense de monsieur Trump) a décrit comme membre de la nouvelle « troïka de la tyrannie » aux côtés du Venezuela et de Cuba, du fait de leurs gouvernements « communistes ». [3]

Si les causes de l’afflux de réfugiés et de demandeurs d’asile sont connues, les conséquences n’en demeurent pas moins alarmantes. 

2) Des camps de concentration aux États-Unis ?

Barack Obama défendait déjà ouvertement une politique de « dissuasion », en limitant les ressources allouées à l’accueil des demandeurs d’asile. Au cours de son mandat, les mineurs orphelins se présentant seuls à la frontière furent parfois « mis en cage », comme les médias conservateurs n’ont de cesse de le répéter pour dédouaner Donald Trump. Il est vrai qu’Obama a déporté près de 3 millions de sans-papiers au cours de son mandat, et ce sont les lois votées par les démocrates, en particulier la criminalisation du passage de la frontière hors des « ports d’entrée » qui a permis à l’administration Trump de redoubler de cruauté.

En interprétant cette loi au pied de la lettre, et en instaurant une politique de « tolérance zéro », l’administration Trump a commencé à séparer systématiquement les familles de réfugiés, arrachant les enfants à leurs parents. Le raisonnement fonctionnait ainsi : puisque les parents avaient commis un crime, ils devaient être détenus en prisons jusqu’au jour de l’examen de leur demande d’asile. Mais comme les enfants ne pouvaient pas être incarcérés dans des prisons pour adultes, ils furent expédiés dans des centres d’accueil à travers tout le pays. Plus de 2000 familles furent ainsi séparées, avant que le scandale médiatique (et l’opposition des syndicats de personnel navigant refusant d’aider au transport des enfants par voie aérienne) les oblige à faire marche arrière. 

Depuis, les réfugiés sont maintenus dans des centres de détention (y compris les enfants non accompagnés), dans des conditions volontairement inhumaines.

En juin, une avocate représentant l’administration Trump a défendu publiquement, devant une cour de justice, le fait que les demandeurs d’asile ne recevaient ni brosse à dents, ni dentifrice, ni couverture pendant des jours voire des semaines, refusant d’admettre le moindre problème. 

D’innombrables rapports et témoignages ont démontré, photos à l’appui, que de nombreux camps entassaient les migrants et les faisaient dormir à même le sol, sans couvertures. Plusieurs enfants sont morts dans ces centres. Les conditions sanitaires y sont déplorables, et les épidémies de maladies contagieuses et de poux de plus en plus fréquentes. [4] Pour ajouter à la cruauté le cynisme, l’ancien directeur de cabinet de Donald Trump, John Kelly, qui avait supervisé la politique de séparation des familles, a rejoint le comité de direction d’une des entreprises privées à qui l’État américain sous-traite la détention des réfugiés. [5]

Loin de traiter les causes du problème, Trump semble déterminer à les aggraver. Il a diminué et menace de suspendre l’aide au développement destinée aux trois pays d’Amérique Centrale concernés, et a imposé des systèmes de filtrations aux points d’entrées légaux, contraignant un plus grand nombre de migrants à traverser la frontière de manière illégale. Ses efforts visent également à sous-traiter l’accueil des migrants au Mexique, s’inspirant de ce que fait l’Union européenne avec la Libye. Dans ce sens, il a menacé le gouvernement mexicain de tarifs douaniers (sans trop de succès), et tente par tous les moyens de repousser au Mexique les migrants cherchant à déposer une demande d’asile aux USA. 

Sans surprises, ces derniers se trouvent exposés à des conditions particulièrement difficiles, et sont la cible des passeurs et narcotrafiquants. Victimes de viols, meurtres et kidnapping, leurs conditions de vie dans ce qui s’apparente à des camps de réfugiés rappellent étrangement celles des migrants que l’Union européenne et la France parquent en Libye. [6]

3) Des milices fascistes et xénophobes au sein des gardes-frontières américains

Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) a déclenché une vaste polémique en qualifiant les camps de détention de migrants, gérés par des entreprises privées, de « camp de concentration », reprenant l’argumentaire produit par plusieurs historiens. « Un camp de concentration consiste à interner de manière massive des populations sans jugement ni procès ». Elle a reçu le soutien de plusieurs organisations juives, de nombreux intellectuels et d’une partie de la presse, mais pas de la direction du parti démocrate. [7]

Avec plusieurs autres membres du Congrès, elle a ensuite entrepris de visiter les centres de détention, ramenant les preuves de ses dires et forçant d’autres élus et journalistes à se pencher sur la question. Un article du NewYorkmag recense un musée des horreurs, les migrants étant systématiquement victimes des violences verbales et physiques de la part des gardes-frontières américains, forcés de boire l’eau des toilettes, alors que des enfants furent privés de lits pour avoir perdu un peigne censé servir à enlever les poux. Littérairement entassés dans des cellules éclairées 24 h sur 24, sans accès à l’extérieur, les migrants subissent un harcèlement verbal permanent

Ces témoignages et la photo d’un homme retrouvé noyé au bord du Rio Grande avec son enfant dans les bras ont provoqué un nouvel émoi dans le camp démocrate, au point que la question s’invita au cœur du premier débat de la primaire.

Source : Nymag, Julia Le Duc/AP/Shutterstock/Julia Le Duc/AP/Shutterstock

Cette polémique a également permis de faire la lumière sur une autre réalité tout aussi inquiétante. Le journal Propublica a révélé que des membres de la police des frontières chargés de la surveillance des migrants ont constitué un groupe Facebook secret, où les membres échangent régulièrement des messages racistes et sexistes, plaisantant sur la mort des migrants et incitant à la haine, la violence et la déshumanisation. Peu de temps avant la visite d’AOC, de nombreux photomontages sexistes et racistes montraient l’élue de New York se faire violer par Donald Trump (entre autres). Des posts proposant d’établir une cagnotte pour récompenser le premier garde qui jetterait un burrito à la figure de l’élue (et de sa collègue) ont également circulé sur ce groupe. [8]

Capture d’écran du groupe facebook secret utilisé par les gardes frontières, via le média Propublica. Les chiffres 10-15 sur ce photomontage signifient « migrant en captivité »

La moitié des agents de la police des frontières est membre de cette communauté virtuelle, qui n’a donc rien de marginal. De nombreux chefs de secteurs, responsables de centre et officiers y sévissent. La directrice de cette agence gouvernementale a aussi fait partie de ce groupe jusqu’en 2018, et n’a pas révélé son existence ensuite. Au cours des visites des élus, les gardes ont parfois cherché à intimider physiquement les officiels, et essayé de masquer la réalité des conditions de détention en confisquant leurs téléphones portables et caméras. [9]

Les pratiques de ces agents envers les réfugiés poursuivent un but précis : la déshumanisation. Sur cette base, un article de la revue Jacobinmag décrit l’agence des gardes-frontières comme « la SS des USA ».

 

4) FoxNews, Donald Trump et les slogans ouvertement racistes scandés en meeting

L’opposition musclée d’Alexandria Ocasio-Cortez et d’une frange d’élus démocrate provoque la colère de Donald Trump et de ses partisans. Mais c’est sur FoxNews qu’a débuté le dernier scandale en date, qui marque un nouveau cap dans le racisme de Donald Trump.

Le présentateur vedette de la chaine, Tucker Carlson, s’en est pris ouvertement à Ilhan Omar, élue du Minnesota et ancienne réfugiée somalienne ayant obtenu la nationalité américaine à ses douze ans, jugeant que son élection apportait la preuve qu’il fallait durcir les lois d’immigration. Quelques jours plus tard, le talk-show matinal « Fox and Friends » se lance dans une diatribe contre quatre femmes démocrates de couleurs, élues au Congrès (dont AOC et Omar). Inspiré par son émission favorite, Trump publie une série de tweets racistes, fustigeant ces quatre élues issues de la gauche radicale, et leur proposant de repartir de là où elles viennent (à l’exception de Omar, elles sont toutes nées américaines aux États-Unis). 

Deux jours plus tard, et en dépit d’une très large condamnation politique et médiatique de ces tweets, Trump double la mise en meeting de campagne,  s’en prenant plus particulièrement à Ilhan Omar, avant que la foule se mette à scander « send her back » (« déportez-là »). Le pire cauchemar de toute démocratie prend forme sous les yeux horrifiés des commentateurs, y compris les plus conservateurs d’entre eux : voilà une foule demandant l’expulsion de citoyens américains sur la base de leur couleur de peau. 

Confronté à l’émoi provoqué, Trump a d’abord cherché à se désolidariser de ses chants. Mais dès le lendemain, son naturel le rattrape. Il qualifie les auteurs de « formidables patriotes », sa nouvelle version des  « gens très biens » (very fine people), qualificatif qu’il avait employé pour décrire les militants d’extrême droite qui avaient défilé à Charlottesville en scandant des slogans antisémites et arborant des croix gammées, avant que l’un d’entre eux fonce sur la foule de contre-manifestants pacifiques avec sa voiture, tuant une jeune femme et blessant une vingtaine de personnes. 

5) Le racisme de Trump et du parti républicain ne date pas d’hier

Le GOP – Great Old Party – surnom du parti républicain, n’a pas toujours été raciste. Aux origines, il s’agissait du parti de Lincoln, opposé à l’esclavage et la ségrégation. Mais dans son histoire moderne, il s’est tourné de plus en plus vers un positionnement politique conservateur et pro-multinationales. Jouer sur le ressentiment raciste pour inciter les électeurs à voter contre leurs intérêts économiques n’est pas unique à ce parti, mais dans un pays où la question raciale est omniprésente, les moyens déployés par le GOP sont particulièrement insidieux.

On parle souvent de « dog whisle » pour décrire le concept de racisme implicite sur lequel les conservateurs américains ont fait leur fonds de commerce.

Ronald Reagan, le père de la révolution néolibérale, avait débuté sa campagne dans une ville insignifiante d’un État sans enjeux (Philadelphie, Mississippi) connu uniquement pour le meurtre brutal de trois Afro-Américains militant pour les droits civiques et la fin de la ségrégation. Georges Bush père avait inauguré les publicités négatives en utilisant la figure d’un criminel noir pour attaquer son adversaire démocrate, dans un spot télévisé jugé comme un parfait exemple de « dog whisle ». Son fils, et les candidats qui seront opposés à Obama useront des mêmes tactiques. 

Avec Trump, le racisme devient de plus en plus explicite, sans que cela ne fasse fuir les électeurs, au contraire. Il faut dire que ce penchant lui vient « naturellement ».

Dans les années 70, il avait été condamné par la justice américaine pour discrimination raciale, refusant de louer ses appartements à des noirs. Dans les années 80, il publie une double page de publicité dans les principaux quotidiens New Yorkais pour exiger que les 5 adolescents accusés du viol et meurtre d’une joggeuse de Central Park (à tort, comme le confirmera par la suite les relevés ADN) soient punis de la peine de mort, pourtant abolie dans l’État. En 2011, il joue un rôle crucial dans la propagation de la théorie conspirationniste selon laquelle Barack Obama ne serait pas américain, forçant le premier président noir à publier son acte de naissance. Ses déclarations publiques des quarante dernières années sont marquées par de fréquentes prises de position à caractère xénophobe (contre les Japonais, les musulmans, les Hispaniques, les Noirs) et de nombreux témoignages attestent d’une discrimination raciale envers ses employés. [10] 

Malheureusement, cette rhétorique raciste n’est pas seulement l’expression de son ressentiment personnel. Cela lui permet de faire diversion, compte tenu du caractère désastreux de sa politique dont les premiers perdants est bien souvent sa propre base électorale. 

Son racisme fait également écho avec la double stratégie du parti républicain, qui cherche à flatter le ressentiment xénophobe de la classe ouvrière blanche, alors que le GOP est lui-même engagé dans une politique visant à restreindre l’accès au vote des personnes de couleur, comme nous le détaillions ici. [11]

Conclusion

La rhétorique raciste et la xénophobie qui animent Trump et le parti républicain ne se limitent pas à une stratégie électorale redoutablement efficace. Ces propos font écho à des racines profondément racistes que l’on retrouve au cœur de l’Amérique, du parti républicain, et de Donald Trump lui-même. Sans surprises, elle s’incarne matériellement dans la politique migratoire et la déshumanisation des demandeurs d’asile, perpétuées volontairement par des agents validés dans leur racisme par leur président et son parti. 

Il serait facile de balayer cette dérive avec condescendance. Mais elle fait écho à la politique migratoire européenne, voire s’en inspire, alors que rien n’oblige le gouvernement américain à maintenir les demandeurs d’asile en cage. Elle démontre, si une telle chose était nécessaire, que la politique de dissuasion pratiquée par Trump comme par l’UE ne fonctionne pas, malgré un coût humain et moral désastreux. Quant aux chants fascistes exigeant la déportation d’Ilhan Omar, n’oublions pas qu’en France une femme voilée a été exclue d’une émission de divertissement (The Voice), victime des mêmes attaques racistes et xénophobes…

***

Notes et références :

  1. https://en.wikipedia.org/wiki/Mexico%E2%80%93United_States_barrier
  2. https://www.vox.com/2019/4/11/18290677/border-immigration-illegal-asylum-central-america-mexico-trump
  3. https://www.realclearpolitics.com/video/2018/11/23/noam_chomsky_members_of_migrant_caravan_are_fleeing_from_misery__horrors_created_by_the_us.html
  4. http://nymag.com/intelligencer/2019/07/the-inhumane-conditions-at-migrant-detention-camps.html
  5. https://www.businessinsider.com/john-kelly-new-role-will-profit-from-child-separation-policy-2019-5
  6. https://theintercept.com/2019/07/14/trump-remain-in-mexico-policy/
  7. Lire cet article de The Esquire et celui-ci de la revue Jacobinmag
  8. https://www.propublica.org/article/secret-border-patrol-facebook-group-agents-joke-about-migrant-deaths-post-sexist-memes
  9. https://theintercept.com/2019/07/12/border-patrol-chief-carla-provost-was-a-member-of-secret-facebook-group/
  10. Pour une liste étendue des actes et paroles raciste de Donald Trump, lire cet article : https://www.vox.com/2016/7/25/12270880/donald-trump-racist-racism-history
  11. Lire notre article : la démocratie américaine en péril


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *