Iran : la guerre qui vient

Iran : la guerre qui vient

Donald Trump vient de rompre l’accord sur le nucléaire iranien, sans fournir la moindre perspective de négociation future ni cadre juridique pour épargner les intérêts économiques européens. Il ne s’agit pas d’une erreur, mais d’un calcul visant à provoquer l’effondrement du régime iranien.

La majorité des acteurs veulent la guerre : le nouveau conseiller spécial à la défense John Bolton, principal artisan du désastre irakien et ardent partisan des frappes préventives en Corée du Nord et en Iran, représente les va-t-en-guerre néoconservateurs au service du complexe militaro-industriel américain. Il peut compter sur l’appui de l’évangéliste Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères tout juste nommé par Donald Trump, qui incarne l’extrême droite fondamentaliste américaine, persuadé de l’imminence de l’Apocalypse.

Israël et l’Arabie Saoudite encouragent cette ligne politique belliqueuse. Benyamin Netanyahou milite depuis 2010 pour des frappes sur Téhéran, tandis que le jeune et fougueux monarque Mohamed Ben Salmane vient de s’acheter le soutien occidental à coup de contrats d’armements dépassant la centaine de milliards de dollars.  

Pour éviter le désastre, il ne faudra compter ni sur le parti démocrate américain, qui vient de confirmer Mike Pompeo aux affaires étrangères et une tortionnaire à la tête de la CIA ; ni sur l’Europe, dont les accords de défense la lient aux USA, aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Qatar.

Les conséquences seront désastreuses pour les Iraniens et les peuples du Moyen-Orient, mais également pour l’Europe. Située par défaut dans le camp des agresseurs, la France s’expose à un nouvel afflux de réfugiés et un risque accru de terrorisme, tandis que notre économie risque d’imploser sous les effets de la hausse du prix du pétrole.

Seules une mobilisation populaire massive ou l’action de quelques dirigeants inspirés permettront d’éviter la catastrophe.

Partie 1 : vie et mort de l’accord sur le nucléaire iranien

Dès l’annonce du retrait américain de l’accord, les troupes israéliennes présentes sur le plateau du Golan (territoire syrien occupé depuis 1981) font retentir les sirènes d’alarme. Les écoles ferment, les civils sont invités à se rendre aux abris. Mais l’attaque iranienne se fait attendre. Deux heures s’écoulent avant que l’aviation israélienne se livre à de nouveaux bombardements des positions iraniennes en Syrie. Cette fois, la riposte a bien lieu, sous la forme d’un tir de barrage d’une vingtaine de roquettes en direction du plateau du Golan. Israël répond par un déluge de feu qui s’abat sur Damas et sa région. Une centaine de missiles et trente-cinq avions de chasse pilonnent les positions iraniennes pendant des heures, offrant un aperçu du bain de sang qui vient. (1)

Frappes aériennes sur DamasPhoto : Hassan Ammar / AP / SIPA

1) De Mossadegh à l’accord sur le nucléaire iranien (le JCPOA)

La clé de compréhension de la géopolitique du Moyen-Orient ne réside pas dans la religion, mais dans le pétrole. C’est après la nationalisation des champs d’hydrocarbures iraniens que les Américains et les Britanniques renversent le Premier ministre Mossadegh, comme l’a publiquement reconnu la CIA. Ce coup d’État contre un dirigeant démocratiquement élu instaure une des dictatures les plus répressives de l’après-guerre, qui s’achèvera par la révolution islamiste de 1979. (2) La protection offerte au Shah d’Iran en exil déclenche une crise diplomatique majeure, marquée par la prise d’otage de 52 ressortissants américains, détenus pendant 444 jours.

Ces épisodes expliquent en partie le profond antagonisme qui persiste entre les milieux conservateurs américain et iranien. Le soutien occidental à l’invasion irakienne de l’Iran, le million de morts provoqués par cette guerre de huit ans (1980-1988) marquée par les attaques des villes iraniennes à l’arme chimique (encouragées par les USA) expliquent la rhétorique paranoïaque du régime des ayatollahs. (3) C’est également dans le but de trouver des points d’appui dans le monde arabe (les Iraniens étant des Perses qui ne partagent avec la majorité du monde musulman ni la langue, ni la religion, ni la culture) que la jeune République islamique adopte une position hostile envers Israël, tout en cherchant à soutenir les minorités chiites et leurs milices (en particulier, le Hezbollah au Liban et le Hamas en Palestine). (4)

La décision de Georges W. Bush de placer Téhéran sur son « axe du mal » et la chute brutale de Saddam Hussein et Kadhafi achèvent de convaincre le régime iranien de la nécessité de se doter de l’arme nucléaire.

Bases militaires américaines en 2015, source « Le dessous des cartes », Arte.

En 2015, les services secrets américains estiment l’Iran à douze mois d’obtenir la bombe. Le président Hassan Rohani accepte pourtant de signer le fameux accord « JCPOA ».

Les conditions imposées à l’Iran sont drastiques. Elles permettent de réduire à néant son programme nucléaire et de contrôler en permanence le respect des engagements. En échange, les USA doivent lever les sanctions économiques qui asphyxient l’économie iranienne. C’est une victoire incontestable de la diplomatie, le plus grand succès d’Obama sur le plan international, mais un sévère camouflet pour les milieux conservateurs des deux principaux pays concernés. En Iran, les nationalistes dénoncent une défaite face à l’Occident. Aux USA, le parti républicain et les « faucons » de tout bord s’insurgent contre un mauvais accord, tandis que les médias conservateurs propagent des « fake news » en prétendant que le remboursement des quatre milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés par les USA équivaudrait à de la corruption. Cette rhétorique de « valises de dollars » offerts aux Iraniens sert de base à Donald Trump pour fustiger le « pire deal jamais conclu » durant la campagne présidentielle. (5)

Entre-temps, l’Iran profite de l’effondrement de l’Irak pour étendre son influence sur son proche voisin, dont la population à majorité chiite semble prédisposée à recevoir l’aide iranienne.

L’apparition de Daech, alliance entre les anciens cadres sunnites de l’armée de Saddam Hussein et les groupes terroristes islamiques financés et soutenus logistiquement par l’Arabie Saoudite et le Qatar (6), va naturellement pousser l’Iran à déployer ses milices en Irak puis en Syrie et en Afghanistan pour combattre cette menace. L’État islamique répondra par un double attentat en plein cœur de Téhéran (17 morts, 52 blessés).

Carte: Monde Diplomatique, février 2018

Les Pasdarans iraniens jouent un rôle déterminant au sein de la coalition occidentale pour éradiquer Daech en Irak puis en Syrie. Mais ce regain d’influence est particulièrement mal vécu par les deux autres puissances régionales : l’Arabie Saoudite et Israël. Ces deux acteurs vont pousser les USA à sortir du JCPOA par tous les moyens…

2) Donald Trump à la Maison Blanche

La victoire de Donald Trump rebat considérablement les cartes. Obsédé par la destruction de l’héritage d’Obama (qui l’avait humilié en public en 2015), Trump n’a eu de cesse de dénoncer l’accord nucléaire pendant la campagne présidentielle. Or le JCPOA exige qu’il certifie le respect des termes du traité tous les trois mois, un véritable supplice chinois pour le milliardaire. D’autant que l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique confirme la conformité de l’Iran, tout comme les experts et élus républicains qui reconnaissent que l’accord fonctionne. Ceux-là mêmes qui dénonçaient le JCPOA par opportunisme politique se prononcent désormais en sa faveur, y compris Rex Tillerson (alors ministre des Affaires étrangères de Donald Trump), le général James Mattis (ministre de la Défense) et le général H.R. McMaster (conseiller spécial à la sécurité nationale). Le chef d’État-major de l’armée israélienne lui-même s’oppose à la sortie de l’accord, contre l’avis de Benyamin Netanyahou. (7)

Pourtant, Donald Trump campe sur ses positions. Dès août 2017, il exige de ses ministres qu’ils « trouvent des preuves » que l’Iran viole l’accord, tandis que la Maison Blanche se prononce officiellement en faveur d’un changement de régime en Iran, par la force s’il le faut. (8) À ce stade, on peut déjà considérer que les USA ont violé leur part du contrat. En octobre 2017, malgré l’absence d’éléments tangibles, Donald Trump annonce souhaiter sortir du JCPOA sous prétexte des velléités belliqueuses de l’Iran.

Une intense séquence de lobbyisme s’enclenche, marquée par une visite de trois semaines de Mohamed Ben Salmane (MBS), le jeune et impétueux dirigeant de l’Arabie Saoudite.

Trump remplace son ministre des Affaires étrangères Rex Tillerson par l’ultraconservateur Mike Pompeo. Puis c’est au tour du conseiller spécial à la sécurité, le général MacMaster, de se faire évincer au profit du va-t-en-guerre John Bolton.

3) L’échec d’Emmanuel Macron

Reçu en grande pompe par Donald Trump, le président français tente une opération séduction. Après vingt-quatre heures de cérémonies amicales ponctuées d’embrassades sympathiques, Donald Trump douche les espoirs de son invité en le contredisant en direct, face aux caméras. (9) Il se permet ensuite de l’humilier par l’image, en lui ôtant des pellicules du costard, avant de se rendre en conférence de presse. La séance des questions-réponses est l’occasion de contredire de nouveau M. Macron, Trump fustigeant un accord « désastreux » et menaçant l’Iran de représailles « comme peu de pays n’ont jamais connu ». (10)

Le pire n’est pas dans la gestuelle et les mots, mais bien dans les propositions émises par Emmanuel Macron. Le président français voulait étendre l’accord existant pour y inclure la fin du programme balistique iranien et des dispositions visant à interdire toute « ingérence » hors de ses frontières. Ces termes inacceptables (cela reviendrait à mettre Téhéran sous tutelle) témoignent de la contagion de la rhétorique américaine, israélienne et saoudienne au sein de la diplomatie française. L’Iran se trouve ainsi accusé d’être la source de tous les maux du Moyen-Orient, un comble ! Car c’est bien l’Arabie saoudite qui, avec le soutien des USA et de la France, écrase dans le sang la révolution yéménite, au point d’y provoquer la pire crise humanitaire du 21e siècle selon l’ONU. (11) C’est également l’Occident qui a profondément déstabilisé l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie, tandis que l’Arabie saoudite appuyait logistiquement et financièrement l’État islamique et certaines branches d’Al-Qaïda. Sans oublier les innombrables frappes aériennes que l’OTAN, la Russie et Israël s’autorisent à perpétrer dans de nombreux états de la région, au nom de leurs propres intérêts.

4) Le lobbyisme de l’Arabie saoudite

Monarchie autoritaire en constante violation des droits de l’Homme, fabrique du terrorisme islamiste par excellence (12), l’Arabie saoudite financerait Al-Qaïda et Daech, après avoir involontairement fourni quinze des dix-neuf terroristes du 11 septembre. Son armée continue de bombarder les civils yéménites après avoir provoqué une crise humanitaire qui affecte onze millions de civils. Elle bénéficie pourtant de l’appui inconditionnel des puissances occidentales, à commencer par les États-Unis.

Depuis 1945 et le Pacte du Quincy, l’Arabie saoudite place ses gigantesques réserves de pétrole à la disposition de l’Occident, qui la remercie à coups de pétrodollars et de protection militaire. Mais depuis quelques années, les USA sont de nouveau indépendants du point de vue énergétique. Comment justifier le maintien tacite du Pacte de Quincy ? En garantissant à l’Occident de fastes commandes d’armements, 100 milliards pour Trump et quatorze pour Emmanuel Macron.  

Emmanuel Macron et MBS à Paris, le 10 avril 2018. Photo Yahoonews/ REUTERS/Philippe Wojazer

L’Iran demeure le principal rival de la monarchie saoudienne. Son modèle de révolution islamique menace de s’exporter à Riyad, et les gigantesques réserves d’hydrocarbures iraniennes concurrencent l’or noir saoudien.

Pourtant, les tentatives récentes de refoulement de l’influence iranienne ont toutes lamentablement échoué. L’embargo imposé au Qatar (accusé d’entretenir des relations amicales avec Téhéran) fut un échec retentissant. Puis le kidnapping du Premier ministre libanais a débouché sur le renforcement du Hezbollah aux dernières élections libanaises. Restait le fameux accord nucléaire iranien contre lequel Riyad a déployé toute sa capacité de lobbyisme. (13)

5) Le lobbyisme de Benyamin Netanyahou

L’Iran ne mâche pas ses mots pour qualifier Israël, et sa propension à installer des capacités militaires à la frontière syrienne menace directement l’État hébreu. Ces déploiements semblent s’être accélérés depuis la prise de fonction de Donald Trump, comme si Téhéran cherchait à renforcer ses positions dans l’éventualité d’un futur conflit.

Seulement, l’accord nucléaire garantissait une paix durable, dans le sens où l’Iran n’avait aucune raison d’agresser Israël tant que le JCPOA restait en place. Pour preuve, la centaine de frappes aériennes conduites par l’armée israélienne contre les forces iraniennes présentes en Syrie ont été encaissées sans broncher par Téhéran. (14)

L’attitude de Benyamin Netanyahou ne peut s’expliquer que par une volonté de faire la guerre. Or, le Premier ministre semble obsédé par l’idée de bombarder Téhéran, comme en témoignent ses multiples pressions sur l’État-major israélien et ses plaidoyers à l’ONU, entre 2010 et 2015. Mais tant que l’accord nucléaire restait en place, toute frappe israélienne sur le sol iranien demeurait injustifiable. (15)

Benyamin Netanyahou lors de sa présentation powerpoint à Washington. Sur l’écran, on peut lire « L’Iran a menti ». Photo: the Independant.

Pour convaincre Donald Trump de quitter le JCPOA, Benyamin Netanyahou s’est déplacé à Washington quelques jours après Emmanuel Macron, afin d’effectuer une grotesque présentation PowerPoint. Si la diplomatie française a fait remarquer que les informations présentées étaient antérieures à l’accord et confirmait donc son utilité, cette subtilité semble avoir échappé à Donald Trump. Volontairement ou non, il a répété presque mot pour mot le discours de Netanyahou pour justifier sa décision de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien.

 

Partie 2 : Qui veut la guerre et pourquoi ?

L’Iran est une nation politiquement divisée, entre une colonne vertébrale ultraconservatrice et un camp réformateur incarné par le président Rohani, élu deux fois de suite sur un programme d’ouverture vers l’Occident.

Pour les conservateurs, le retrait du JCPOA est une bénédiction qui justifie leur rhétorique antiaméricaine et antisioniste, tout en validant a posteriori l’action des Gardiens de la révolution en Irak et en Syrie. Cultiver l’antagonisme avec l’Occident est un gage du maintien du régime, dans un contexte où la société iranienne, hautement éduquée, évolue vers des valeurs de plus en plus progressistes.

À l’inverse, le flegme du président Rohani mérite d’être souligné. Les bénéfices qu’il espérait tirer de l’accord nucléaire se sont taris dès 2017, lorsque la Maison Blanche afficha clairement sa volonté de renverser le régime iranien. Pourtant, il n’est pas tombé dans le piège américain. Il a refusé de répondre militairement à la centaine de frappes israéliennes conduites sur les positions iraniennes en Syrie, et a rapidement appelé au retour au calme après la riposte du 9 mai (le tir d’une vingtaine de roquettes sur le plateau de Golan semble avoir été décidé localement, sans son approbation). Rohani joue un véritable numéro d’équilibriste destiné à maintenir les Européens dans le JCPOA sans perdre pied face à ses opposants politiques.

Mais ce sont bien entendu les adversaires extérieurs à l’Iran qui poussent le plus directement au conflit, en commençant par Benyamin Netanyahou.

1) La droite israélienne en mal de conflit

Cerné par les affaires de corruption, le Premier ministre israélien a conduit son pays vers une impasse dans le dossier palestinien. (16) Si la solution à deux États est définitivement enterrée par le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem, l’alternative d’un État unique semble difficilement viable après les nombreux massacres commis à Gaza.

Depuis six semaines, les Gazaouis ont entrepris une marche pacifique hebdomadaire pour demander leur droit au retour sur leurs terres, qui s’est terminée le 15 mai, jour anniversaire de la Nakba (la commémoration de l’exode forcé de 700 000 Palestiniens chassés de leurs maisons et villages en 1948) (17). Cette marche essentiellement non violente, organisée à l’appel de la société civile (puis encouragée par le Hamas) a débouché sur des massacres répétés. Avant le bain de sang du 14 mai, les Palestiniens comptaient déjà 40 morts et 5511 blessés : 

Source: Haaretz.com, ONU

Ce bain de sang a atteint son point culminant le 14 mai par le massacre de 58 Palestiniens, dont 7 enfants et un bébé, et plus de 1300 blessés par balles pour un total estimé à 2700 blessés sur cinquante mille manifestants. Ces marches pacifiques devaient mettre les Israéliens face à leurs responsabilités, et permettre de lever le blocus de la bande de Gaza, prison à ciel ouvert pour deux millions de Palestiniens. L’émotion suscitée par ces tueries sanglantes risque d’isoler davantage le gouvernement israélien sur la scène internationale, malgré le soutien indéfectible des États-Unis.

Benyamin Netanyahou a donc besoin d’un conflit. Mais au-delà de ses intérêts personnels, c’est une grande partie de son gouvernement de coalition de droite et d’extrême droite qui semble obnubilée par la guerre. Or, entre la carte blanche offerte par Donald Trump et la loi récemment votée par le parlement israélien qui confère les pleins pouvoirs militaires au Premier ministre, Netanyahou a désormais les mains libres pour démarrer une guerre sans avoir à s’en justifier. (18)

2) MBS, le va-t-en-guerre de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite semble également obsédée par le renversement du régime iranien. À chaque missile houthis tiré depuis le Yémen vers le territoire Saoudien, Riyad ne manque pas d’accuser Téhéran et d’agiter le spectre des représailles. (19) Au cours des manifestations qui secouèrent l’Iran fin décembre 2017, les télévisions saoudiennes n’ont eu de cesse de pousser à l’insurrection, au point d’utiliser des images datant des révoltes de Bahreïn de 2011. (20)

3) Le plan B des USA, c’est la guerre

De nombreux observateurs ont dénoncé la décision de Donald Trump, fustigeant l’absence de plan B après la sortie de l’accord. Médiapart rapporte qu’aucune vision de court, moyen ou long terme n’a été proposée par l’administration américaine aux diplomates européens, que ce soit sur la question du contrôle du nucléaire iranien ou de la gestion du rétablissement des sanctions qui impactent fortement les intérêts économiques européens. 

Et pour cause, le plan B, c’est la guerre. Ou plus exactement, le changement de régime, avec l’appui des États-Unis dans les « proportions qui seront jugées nécessaires ». (21) 

L’administration américaine a d’abord tenté de pousser l’Iran à la faute. Dès mars 2017, en Arabie saoudite et devant 49 chefs d’État de pays à large confession musulmane, Donald Trump désigne l’Iran comme principal vecteur du terrorisme international et ennemi commun. Puis, en août 2017, les ténors de l’administration Trump reconnaissent publiquement œuvrer au changement de régime en Iran. Rohani refuse de tomber dans le piège, contraignant Donald Trump à rompre l’accord de sa propre initiative. Ce lundi, le nouveau ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo a émis douze conditions préalables à la reprise des négociations, qui équivalent à la mise sous tutelle de l’Iran.

Cette ligne intransigeante vise à acculer Téhéran et provoquer un des deux effets suivants :

  • la reprise du programme nucléaire iranien, qui servira de prétexte à une vaste campagne de bombardements
  • un effondrement économique, qui poussera les Iraniens à de nouvelles manifestations, dont la répression violente servira de prétexte à une intervention militaire

Le New York Times et le Monde diplomatique témoignent d’une véritable campagne médiatique aux États-Unis, calquée sur le modèle de l’invasion de l’Irak, et destinée à préparer l’opinion publique à la guerre.

Qui sont les acteurs américains poussant au conflit ?

D’un côté, on retrouve l’extrême droite fondamentaliste américaine, incarnée par les « évangélistes ». Cette mouvance, qui a massivement voté pour Donald Trump, considère l’Apocalypse (au sens biblique) imminente et souhaitable. Sans trop rentrer dans les détails, leur système de croyances parle d’une séquence d’événements qui débute par le retour de Jérusalem sous la pleine autorité juive, passe par une guerre au cœur du Moyen-Orient impliquant la Perse (l’Iran), la Russie et les peuples arabes et juifs, et se termine par le jour du Jugement dernier ou l’antéchrist viendra détruire l’ensemble des êtres humains, à l’exception des évangélistes, explique le New York Times. (22)

Plusieurs représentants de ce courant ont été invités à la cérémonie d’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem. Le pasteur Robert Jeffress, connu pour son antisémitisme déclaré, était chargé de la prière d’inauguration. Le pasteur John Hagee, qui s’est illustré par le passé en déclarant que « Hitler était un envoyé de Dieu qui a permis le retour du peuple juif en Judée » fut chargé de la bénédiction de fin de cérémonie. (23)

Avec Mike Pompeo, ce groupe religieux dispose désormais d’un représentant à la Maison Blanche. L’ancien sénateur de l’État du Kansas, issu du Tea Party, fut nommé à la tête de la CIA par Donald Trump en 2017. Profondément islamophobe et homophobe, sa confirmation au poste de secrétaire d’État faillit être mise en échec, avant que le parti démocrate cède sous les pressions des milieux financiers. Le Washington Post rapporte de nombreux témoignages d’agents de la CIA qui confirment l’interférence de ses principes religieux dans la sphère professionnelle. Or, Mike Pompeo a publiquement déclaré sa croyance dans la thèse évangéliste de l’Apocalypse. (24)

Le second courant de « faucons » qui gravitent autour du président Trump est plus conventionnel, il s’agit des mêmes idéologues à courte vue qui avaient planifié l’invasion de l’Irak sous Georges W. Bush. Jusqu’à présent, leur porte-parole principale semblait être Nikki Haley, l’ambitieuse ambassadrice américaine aux Nations unies.

C’est elle qui brandissait les images des enfants supposément gazés par Assad en 2017 pour exiger des frappes aériennes en Syrie. C’est elle qui menaçait l’Iran d’une intervention militaire à la moindre violence contre les manifestations de décembre 2017. C’est encore elle qui a fait porter le chapeau du bain de sang de Gaza à l’Iran, avant de quitter la salle au moment où l’ambassadeur palestinien faisait son entrée au conseil de sécurité de l’ONU.

Mais Nikki Haley n’est qu’une des multiples voix qui défendent les intérêts du complexe militaro-industriel américain. L’individu le plus influent, car ayant un accès permanent à Donald Trump, n’est autre que John Bolton, le nouveau conseiller spécial à la sécurité.

John Bolton en 2017. REUTERS/Joshua Roberts

Sous Georges W. Bush, John Bolton fut le principal artisan de l’échec de l’accord sur le nucléaire Nord-Coréen signé par Bill Clinton. Bush mit fin à l’accord suite aux suspicions d’une reprise de l’enrichissement d’uranium par Pyongyang. Bolton écrivit que « ce fut le marteau que je recherchais pour briser l’accord ». En février 2018, il signait deux tribunes dans le Wall Street Journal intitulées « Les frappes préventives en Corée du Nord seraient légales » et « Les options militaires contre la Corée ». En dépit des centaines de milliers de morts qu’une telle décision causerait en Corée du Sud, Bolton est un partisan du recours à la force. De fait, Kim Jong-un vient de menacer d’annuler le sommet prévu avec Donald Trump, citant les interventions télévisées récentes de John Bolton, où ce dernier n’a de cesse de répéter que la Libye serait l’exemple à suivre en matière de désarmement de la Corée du Nord. (25)

John Bolton compte également parmi les principaux artisans de la guerre en Irak, bien qu’il eût un accès direct aux documents de la CIA mettant en doute la présence d’arme de destruction massive. Il fait partie des rares personnes à encore défendre cette invasion. Entre 2005 et 2006, il fit également pression sur le chef de l’État-major israélien pour qu’Israël conduise des « frappes préventives » sur les usines civiles iraniennes. (26)

Sur l’Iran, justement, Bolton signait dans les colonnes du New York Time en 2015 une tribune intitulée « Pour éviter que l’Iran obtienne la bombe, bombardons l’Iran ». Fin février 2018, il récidivait dans le WSJ « la politique américaine vis-à-vis de l’Iran doit avoir pour but de mettre fin au régime avant 2019 ». Ceci est cohérent avec les discours grassement payés par le M.E.K. qu’il a prononcés lors de leur assemblée générale. Qui est ce M.E.K. ? Un groupe d’opposition iranien présenté comme une secte par le Washington Post, et qui figurait sur la liste américaine des organisations terroristes jusqu’en 2012. Que leur a-t-il dit ? Qu’ils fêteraient ensemble la fin du régime des Mollahs à Téhéran dès 2019. Voilà le plan B de John Bolton pour l’Iran. (27)

Il peut compter sur le soutien de l’ancien maire républicain de New York et nouvel avocat sulfureux de Donald Trump, M. Giuliani, lui aussi grassement payé par M.E.K. pendant des années, dans un effort de lobbyisme pour faire retirer cette organisation de la liste des groupes terroristes.

Alors qu’il remplit les cabinets ministériels d’hommes de confiance impliqués dans de multiples conflits d’intérêts avec l’industrie de l’armement, l’influence de John Bolton s’est fait ressentir dès son arrivée à la Maison Blanche. Contre l’avis du ministre de la Défense James Mattis (qui avait déclaré devant le congrès ne pas disposer des preuves de l’attaque chimique), il convainc Trump de bombarder la Syrie sans passer par le Congrès. Depuis, il a imposé la ligne la plus dure sur l’Iran et menace de faire capoter les négociations avec la Corée du Nord.

Dans ce contexte, une commission parlementaire bipartisane vient de mettre sur pied une proposition de loi qui vise à donner au président des États-Unis les pleins pouvoirs pour déclarer la guerre, une décision qui dépend pour l’instant du Congrès. Cette commission est menée par le sénateur démocrate Tim Kaine (ancien colistier d’Hillary Clinton) et par Bob Corker, sénateur républicain. (28)

À son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump avait d’abord refusé d’offrir le poste de conseiller à John Bolton, expliquant qu’il trouvait sa moustache ridicule. En lui proposant de rejoindre son équipe en avril, Trump aurait fait promettre à Bolton « de ne pas déclencher de nouvelle guerre ».

L’avenir du Moyen-Orient est désormais suspendu à la moustache de John Bolton, ou plus exactement de l’opinion que Trump s’en fera lorsqu’il lui faudra trancher entre la guerre et la diplomatie.

4) Les causes probables du déclenchement du conflit

Observons les différentes hypothèses qui mèneront au conflit. La plus évidente serait la reprise du programme nucléaire iranien, qui conduirait inévitablement à des frappes aériennes sur l’Iran. Ce premier cas de figure semble évitable tant que Rohani est au pouvoir.

Seconde possibilité, de nouvelles manifestations éclatent en Iran suite à l’aggravation de la crise économique actuelle. Comme en décembre 2017, elles proviendraient probablement des zones rurales qui subissent de plein fouet la hausse du prix de la nourriture. C’est une possibilité, qui donnerait lieu à une révolte type « printemps arabe » et serait (comme en décembre 2017) appuyée par les réseaux saoudiens et américains dans le but de déclencher des violences qui forceront le régime à réprimer la contestation et seront prétextes à une intervention américaine.

Si ces pressions externes ne fonctionnent pas, il est tout à fait envisageable, comme le rapportent le Monde diplomatique et le New York Times, que l’administration américaine justifie des frappes préventives sur la base de faux renseignements, sur le modèle de la guerre d’Irak. C’est ce que les dernières déclarations de Mike Pompéo suggèrent. 

Enfin, la possibilité d’un engrenage militaire fortuit n’est pas à exclure. Deux foyers paraissent évidents : la frontière d’Israël avec la Syrie et le Liban, et le détroit d’Ormuz où des escarmouches avaient déjà eu lieu entre la marine américaine et la marine iranienne. À l’époque, le canal diplomatique mis en place suite au JCPOA avait permis de désamorcer la crise. Cette ligne de communication n’existe plus depuis le retrait américain. (28)

5) Les conséquences d’un conflit

Une invasion terrestre de l’Iran est improbable, car seule l’armée américaine dispose d’une capacité de projection suffisante, et cela nécessiterait un effort de guerre supérieur à celui déployé en Irak. L’Iran est bien plus vallonné, fait trois fois la superficie de l’Irak et est quatre fois plus peuplé.

Pour autant, la guerre mettra sans aucun doute le Moyen-Orient à feu et à sang. La Syrie, le Liban, le Yémen et l’Irak, voire l’Afghanistan seront vraisemblablement le théâtre d’affrontements entre milices iraniennes et troupes de la coalition, avec des bombardements importants de part et d’autre. L’Iran visera en priorité les bases américaines d’Irak et de Syrie, Ie territoire d’Israël et le détroit d’Ormuz par lequel transite un quart de la production mondiale de pétrole. Pour la population iranienne, les morts se compteront rapidement en centaines de milliers voire en millions alors que son industrie et ses infrastructures civiles seront mises à sac. Pour le reste du Moyen-Orient, des millions de civils risqueront de nouveau d’être déplacés.

L’hebdomadaire The New Yorker avait publié les plans de l’administration Bush pour une intervention en Iran. Il était question de bombarder plus de quatre cents sites industriels iraniens, plusieurs centaines d’autres cibles militaires et de recourir aux bombes nucléaires tactiques pour détruire les sites d’enrichissement d’uranium enterrés près de Téhéran. Le haut commandement militaire américain s’était opposé à ce projet, mais ses artisans sont désormais de retour dans le cercle des conseillers de Donald Trump. (29)

Quelle que soit l’ampleur du conflit, l’Europe fera face à une nouvelle vague de réfugiés, tandis que la France pourrait être de nouveau la cible d’attentats, puisqu’elle combattra nécessairement aux côtés de la coalition arabo-occidentale, et qu’elle a adopté depuis des années une ligne extrêmement dure envers l’Iran (en février 2018, le ministre des Affaires étrangères – Jean Yves le Drian accusait l’Iran de volonté d’hégémonie au Moyen-Orient, depuis Washington…).

Mais la conséquence la plus dangereuse et la moins discutée risque d’être la flambée du prix du pétrole, qui pourra connaître des pics brutaux. Aux 3 millions de barils/jours iraniens (4 % de la production mondiale) qui vont rapidement disparaître du marché s’ajoutera une partie des quinze autres millions de barils qui transitent quotidiennement par le détroit d’Ormuz. De quoi provoquer l’effondrement de l’économie mondiale.

Ce risque est déjà partiellement anticipé par la hausse du prix du baril, qui est passé de 60 à 80 dollars en l’espace de trois mois. Si cette flambée fait les affaires des pays exportateurs (Arabie saoudite, Russie, USA et Iran), elle plombe la croissance européenne.

Donald Tusk, président du Conseil européen, déclarait le 16 mai en marge du sommet européen avec l’Iran « avec des amis comme les USA, on n’a pas besoin d’ennemis ». (30)

Conclusion : la guerre est-elle inévitable ?

Trois acteurs peuvent jouer un rôle déterminant pour éviter la catastrophe. D’abord l’Iran, bien qu’on ait vu à quel point Rohani doit effectuer un périlleux numéro d’équilibriste.

Ensuite, l’Europe. En théorie, les dirigeants européens peuvent maintenir l’Iran dans l’accord en poursuivant la coopération économique. C’est ce qu’ils ont affirmé dans leur déclaration d’intention du 17 mai. En pratique, la politique de Bruxelles n’est pas guidée par l’intérêt général des peuples européens, mais par les intérêts particuliers des financiers. Or ces derniers ont trop à perdre dans une confrontation directe avec les États-Unis. L’UE pourrait mettre en place des mécanismes de garanties pour protéger les contrats iraniens, y compris en utilisant le levier monétaire, mais cela nécessiterait un certain panache dont les dirigeants européens semblent dramatiquement dépourvus. Plutôt que de remettre en cause les règles arbitraires d’extraterritorialité du droit américain et d’hégémonie du dollar, nos chefs d’État semblent décidés à renoncer une fois pour toutes à notre souveraineté.

Dès le 17 mai, Emmanuel Macron s’est réfugié derrière le pragmatisme pour justifier une première forme de capitulation, tandis qu’Angela Merkel et Jean-Claude Juncker adoptaient une rhétorique de soumission : « les relations transatlantiques sont et resteront d’une importance capitale » (Merkel) ;  « Les moyens sont là, nous les utiliserons. Mais il ne faut pas se voiler la face, ils sont limités » (Juncker). (31)

Le dernier espoir reste celui de l’opposition populaire contre la guerre qui vient. La base électorale de Donald Trump (à l’exception des évangélistes) ne veut pas d’un nouveau conflit, tout comme l’écrasante majorité des électeurs démocrates. De même, les peuples européens peuvent mettre une pression politique déterminante sur leurs dirigeants. C’est probablement à ce niveau-là que se jouera l’avenir du Moyen-Orient, et de l’Europe.

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Notes et références:

  1. Cette chronologie qui met directement en cause Israël est reconnue à demi-mot et en fin d’article par le Journal Le Monde du 9 mai « Escalde sans précédent entre l’Iran et Israël à la frontière syrienne » 
  2. Pour prendre pleinement conscience de l’horreur absolue de la dictature du Shah, lire « Le Shah », R. Kapuscinski
  3. Sur les sources de l’antagonisme entre les USA et l’Iran, lire ce formidable article (en Anglais)
  4. Le Monde diplomatique, L’Iran se réinvente en puissance régionale, février 2018 
  5. Lire le « fact checking » du Washington Post sur la rhétorique de Donald Trump.
  6. D’après les câbles diplomatiques de la secrétaire d ’état américain d’Obama, Hillary Clinton (révélés par Wikileaks) – le Qatar et l’Arabie Saoudite finançaient et fournissaient de l’aide logistique à Al Qaeda et l’EI dès 2014, période de l’essor de l’EI. Sur les origines de Daech, lire par exemple wait but why : https://waitbutwhy.com/2014/09/muhammad-isis-iraqs-full-story.html
  7. Cité par The Nation, dans ce remarquable article
  8. Sur les demandes de Trump de trouver des preuves pour lui permettre de décertifier l’Iran, lire par exemple cet article du Guardian. Sur les déclarations des différents ministères qui reconnaissent œuvrer à un changement de régime en Iran, lire cet article de Politico.
  9. Voir ce billet Médiapart.
  10. Idem 9
  11. Selon l’ONU, la crise humanitaire au Yémen est la pire de la planète, avec dix millions d’individus dépendants de l’aide humanitaire. 
  12. Voir ce formidable travail remarquablement bien sourcé du collectif Osons Causer 
  13. Lire Le Monde diplomatique « Les échecs de la politique étrangère saoudienne »
  14. L’article du Monde cité en 1) fait effectivement état d’une centaine de frappes.
  15. Netanyahou a tout fait pour bombarder l’Iran avant la signature de l’accord nucléaire: voir ici (NYT) et
  16. Lire https://claudeelkhal.blogspot.com/2018/05/pourquoi-netanyahu-veut-la-guerre.html#more
  17. Lire le Monde diplomatique, Israël hanté par la Nakba
  18. http://www.europe1.fr/international/israel-vote-une-loi-facilitant-le-processus-de-decision-dentrer-en-guerre-3640052
  19. La Croix: Riad menace encore Téhéran.
  20. https://claudeelkhal.blogspot.com/2018/01/iran-un-printemps-ephemere.html
  21. Idem 8
  22. Source The Young Turks https://www.youtube.com/watch?v=XgQ_FzZO7qs et New York Times https://www.nytimes.com/2018/05/14/opinion/jerusalem-embassy-gaza-protests.html?smtyp=cur&smid=tw-nytopinion
  23. Idem 22
  24. The Young Turks montre l’intervention de Mike Pompeo qui confirme sa croyance en l’Apocalypse 
  25. L’article très complet du Bulletin of atomic scientist contient toutes les sources des écrits et déclarations de John Bolton. 
  26. Comme le rapporte le Monde diplomatique en citant la presse israélienne 
  27. Lire dans le New York Times 
  28. Lire The Nation: https://www.thenation.com/article/is-trumps-abandonment-of-the-iran-nuke-deal-a-prelude-to-war/
  29. Voir l’excellent article du New Yorker  https://www.newyorker.com/magazine/2006/04/17/the-iran-plans
  30. Cité par Le Monde
  31. Idem

7 réactions au sujet de « Iran : la guerre qui vient »

  1. Excellent, comme toutes vos chroniques et à l’heure du clic instantané, votre regard apporte, avec le recul, une indispensable lumière à l’entente de ce que nous vivons.
    Merci.
    Entendez bien le 26 mai, nous allons montrer à ce monde que la France ne baisse pas les yeux.

  2. Article très éclairant sur les déclencheurs à une guerre. Je me demande si la présentation par M. Poutine des nouvelles armes de la Russie ainsi qu’une mer de chine chinoise, sont des facteurs d’accélération du mouvement vers la guerre ?

  3. Je ne sais pas ce que vous êtes ni qui vous êtes mais ces articles sont remarquables et accessoirement ( celui ci ) effrayants
    on voit arriver une nouvelle crise des suèdes avec des dilapider et chamberlain en place et un monde d l’argent qui ira vers la capitulation parce qu’elle conduit à la collaboration et aux trafics
    dure époque

  4. Quand ce sont les autres qui parlent de « risque de guerre » (au MO), je monte sur mes grands chevaux parce qu’ils balancent ça sans rien justifier, avec une sorte d’inconscience. Mais là, avec cet article si long, (que je n’ai d’ailleurs pas lu intégralement), le point de vue est totalement légitime, l’on ne peut rien lui reprocher, même si l’on n’est pas d’accord.

    Deux remarques quand même : un, il manque la Russie dans votre analyse; deux : quand les Ricains se décideront à cogner sur l’Iran, ça se verra au moins quelques mois à l’avance. Dans le cas de l’Irak par Bush Junior, les simagrées à l’ONU ont duré un an, le temps qu’ils ameutent une « coalition internationale » ad hoc et préparent l’invasion. Je pense que ça sera pareil avec l’Iran. Il ne faut pas se fier aux grands mots des va-t-en-guerre. En attendant, aucun (nouveau) risque. Israël va seulement continuer ses « frappes », c’est déjà « la guerre », en fait, on l’oublie un peu trop vite. Et puis bon, l’Iran c’est quand même un morceau autrement plus costaud que l’Irak, la Syrie et la Libye : il est probable que les Ricains en prendront conscience et qu’ils se contenteront, comme vous le dites à la fin, de pousser à une « révolution de couleur ».

    1. Oui, sur la Russie, il s’agit plutôt d’un acteur stabilisateur qui oeuvre à éviter le conflit avec l’Iran. Mais la carte blanche donnée par Poutine à Netanyahou pour bombarder les troupes iraniennes en Syrie montre bien que la Russie n’est pas prête à aller au bout de la logique de la protection de son allié iranien. Un très bon article du monde diplomatique explique les limites de cette alliance. De même, il nous semble difficile de croire que la Russie irait jusqu’à entrer en guerre contre les USA pour protéger l’Iran. Reste bien entendu le risque d’escalade non voulu, mais Poutine commence à avoir l’habitude d’avaler des couleuvres.

      Ce qui va dans le sens de votre second point. Une offensive américaine sur le modèle de l’invasion de l’Irak demeure peu probable comme nous l’écrivons dans l’article, car elle demanderait des efforts militaires considérables. Ce n’est pas tant la préparation politique à l’ONU qui demanderait du temps (Trump ne semble pas disposer à perdre son temps avec ces détails) mais la préparation militaire. Y compris pour réunir suffisamment de forces aériennes pour pouvoir neutraliser en quelques jours les défenses iraniennes.

  5. Bonjour,
    Les menaces de conflits réelles ou imaginaires dont nous abreuvent les médias viennent à point pour distraire le bon peuple.
    Aller remettre en cause la politique de votre gouvernement quand les barbares sont à vos portes ? Vous n’y pensez pas!

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