Climat : c’est OK d’avoir des enfants

Climat : c’est OK d’avoir des enfants

Dans un monde en proie à une grave crise écologique, la croissance de la population met la planète sous pression. Selon certaines publications, la meilleure façon de réduire notre empreinte carbone serait d’avoir moins d’enfants. Et dans une société où il devient de plus en plus onéreux et matériellement difficile d’en élever, l’idée de réduire leur nombre ou de ne pas en avoir du tout fait son chemin, en particulier dans les milieux écologistes. 

C’est une erreur. Le fait que le néolibéralisme rende de plus en plus difficile et moralement questionnable le désir de fonder une famille ne doit pas nous pousser à remettre en question cette aspiration, mais à mettre en cause le système capitaliste lui-même. D’autant plus que le postulat selon lequel avoir moins d’enfants serait bénéfique pour la planète défie tout sens logique et scientifique, comme nous allons le démontrer.

La question du contrôle de la population

Ce n’est plus un tabou. Les tribunes, livres, articles de presse et émissions de radio invitant à faire moins d’enfants pour sauver la planète se multiplient. Encore très marginale, la stérilisation volontaire fait pourtant la une de France Info, Konbini News, Slate ou le journal écologiste Reporterre. [1]

Aux États-Unis, un jeune couple sur trois évoque la crise climatique comme facteur influençant sa décision de fonder une famille. [2] Dans les colonnes du New York Times et du Guardian, les articles culpabilisant le fait d’avoir des enfants foisonnent. Deux éléments expliquent cet engouement pour les questions démographiques.

Premièrement, plusieurs études stipulent que le meilleur moyen de réduire notre empreinte carbone, à l’échelle individuelle, serait de renoncer à avoir un enfant. Chaque naissance évitée économiserait 60 tonnes de C02 par an, contre seulement 2 tonnes par vol transatlantique aller-retour.

Visuel comparatif issu d’une étude suédoise, publiée par le compte twitter de l’AFP.

Comme nous le verrons, ce calcul n’a aucun sens. Il est comptablement faux.  

Plus compréhensible, le second élément vient de la crainte de mettre au monde des enfants sur une planète qui sera bientôt invivable, d’après la communauté scientifique. 

À ces préoccupations « écologiques » s’ajoutent parfois les pressions socio-économiques. Élever une enfant coûte cher, limiterait les opportunités de carrière et ajouterait du stress et de la fatigue au quotidien. Pour la génération biberonnée au mythe de la startup, faire des enfants pourrait être un frein à l’épanouissement personnel. [3]

Qu’en est-il en réalité ? Renoncer à faire des enfants serait-il le geste écologiste ultime, comme l’affirme le magazine Le Point ? 

Des enfants inégaux face au bilan carbone 

Commençons par rappeler quelques bases : les 10 % les plus riches produisent 50 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 17 fois plus que les 50 % les plus pauvres. Un millionnaire américain pollue 2000 fois plus qu’un paysan du Niger. [4]

En France, l’empreinte carbone des 1 % les plus fortunés est quarante fois plus importante que celle des 10 % les plus pauvres. [5]

Or, l’impact écologique des très hauts revenus ne se limite pas à leurs propres émissions. À travers le phénomène de « consommation ostentatoire » lié au désir mimétique, les classes les plus aisées imposent leur mode de vie comme norme sociale à laquelle aspireront ensuite les couches plus modestes de la population. Prendre l’avion pour partir en vacances sous les tropiques, s’offrir un SUV ou creuser une piscine dans son jardin devient des désirs « normaux » pour les classes moyennes qui rêvent désormais de croisières en yacht et de voyages dans l’espace, annulant de ce fait tout espoir de réduction de l’empreinte écologique théoriquement permis par le progrès technique.  [6] 

Enfin, les plus fortunés usent de leur influence pour imposer des politiques néolibérales dont ils sont les principaux bénéficiaires (en particulier aux États-Unis, mais on le voit également en France avec l’élection d’Emmanuel Macron). Ils bloquent souvent la mise en place de politiques publiques écologiques et/où sociales, imposent des choix contre-productifs et réduisent la capacité financière des États à agir pour l’écologie, soit directement en s’affranchissant de l’impôt grâce aux paradis fiscaux, soit indirectement en exigeant des baisses d’impôts. [7]

Source : rapport Oxfam

Dans ce contexte, la problématique  de la natalité se pose de manière très différente. Qui doit renoncer à avoir des enfants en priorité ? Surement pas le paysan du Sahel, et à peine davantage le couple français moyen.

Cela étant dit, nos actions individuelles ont indiscutablement un impact écologique. Planter des arbres, réduire sa consommation de viande et limiter ses trajets en avion ont des effets positifs sur les émissions globales de CO2. Qu’en est-il du choix d’avoir ou non des enfants ? 

Renoncer à un enfant pour réduire son empreinte carbone : une logique absurde, contredite par la macro-économie et les démographes

Tout part d’une étude suédoise discutable qui quantifie l’impact des choix individuels sur nos émissions de CO2. 

Graphique comparatif issu directement de l’étude, montrant l’impact des différents choix individuels en terme d’émissions annuelles de tonnes de CO2

Dans le cas du transport aérien (1.7 tonnes de C02 par vol transatlantique), on comprend parfaitement qu’il suffise que l’ensemble des francais cessent de prendre l’avion pour que les émissions liées à ce mode de transport tombent à zéro (en France). Mais qu’en est-il de la procréation ? Peut-on réelement réduire de 60 tonnes par an notre empreinte par enfant « non concu » ?

Du simple point de vue comptable, le chiffre avancé par l’étude est absurde. Sachant que l’empreinte moyenne d’un français est d’environ 6 tonnes par an, renoncer à faire un enfant permettrait (selon l’étude) d’avoir une empreinte négative pour le reste de sa vie, et de compenser celle de 9 autres adultes en même temps. Autrement dit, il suffirait que 6 millions de Français renoncent à avoir un enfant pour que les émissions de CO2 de l’hexagone tombent à zéro. Et si tous les francais ont un enfant de moins, l’étude promet une économie de 60 * 45 millions = 2,7 milliards de tonnes de CO2 par an. 6 fois plus que les émissions annuelles de la France. 

Le calcul de l’empreinte carbone d’un enfant est donc faux ! Et pour comprendre d’où vient l’erreur, il suffit de lire les détails de l’étude sur lesquels il se base.

Pour attribuer l’empreinte carbone d’un enfant à ses parents, la méthode repose sur un modèle statistique qui prend en compte l’ensemble des descendants sur une durée infinie. En clair, chaque parent se voit attribuer le bilan carbone de toute sa descendance (jusqu’en… 2400 !). À chaque génération la part de carbone attribuée au parent est divisée par le nombre d’ancêtres (2, puis 4, puis 16…), ce qui produit une fonction mathématique qui tend vers zéro. Ainsi, au bout d’un certain nombre de générations, l’empreinte carbone d’un descendant devient négligeable, et le total se stabilise autour d’un nombre qui dépend des hypothèses initialement choisies pour estimer  l’empreinte carbone des générations futures.

Le modèle se base sur l’émission moyenne d’un américain (environ le triple de celle d’un français) et présente trois scénarios : un optimiste (les émissions moyennes atteignent le niveau de neutralité carbone en 2100), un « business as usual » (les émissions restent constantes) et un « pessimiste » (les émissions augmentent de 3 % par an). Bien sûr, c’est le scénario le plus pessimiste qui semble avoir été retenu pour sortir le chiffre de 60 tonnes par an.

Source : OSU carbon study 

Le chiffre mis en avant correspond donc au pire scénario possible : un nombre de descendants infinis, des émissions par personnes qui continuent d’augmenter indéfiniment et basées sur les plus gros consommateurs de la planète (l’américain moyen). [8]

Or en France, les émissions ont diminué de 16 % en trente ans. Le scénario « business as usual » partant de la consommation moyenne d’un français produirait un résultat beaucoup moins spectaculaire, de l’ordre de grandeur de 10 tonnes par an au lieu de 60. [9]

Même si l’on part du principe que le calcul est rigoureux, l’hypothèse de base et sa logique sous-jacente produisent leur propre paradoxe : si nous sommes responsables des émissions de nos enfants, petits enfants (et de leurs descendants), nos parents (et ancêtres) sont alors comptables de nos propres émissions. Ce qui veut dire que nos actions n’ont aucun effet, et que nous pouvons prendre l’avion autant qu’on le souhaite, tant qu’on ne fait pas d’enfant à notre tour. On voit l’absurdité de cette proposition qui montre en fait la principale faute logique contenue dans ce calcul : il compte double !

En étant cynique, je pourrais considérer qu’en acceptant d’avoir que deux enfants au lieu des douze que je pourrais engendrer, je sauve 600 tonnes de C02 par an. On voit à quel point la logique comptable ne tient pas debout. Pourtant, de plus en plus de médias semblent tomber dans le panneau.

 

Le chiffre avancé par l’étude n’étant qu’une moyenne, on pourrait débattre de la quantité d’émission que produiront vos propres enfants. Sachant que les enfants issus d’une famille à forte sensibilité écologique sont pratiquement assurés de partager les mêmes préoccupations que leurs parents [10],  leur empreinte carbone pourrait très bien être négative : soit par leur futur activisme qui permettra de fermer une centrale à charbon, développer la permaculture ou convertir des amis au véganisme ; soit par leurs actions personnelles (planter des arbres par exemple). Les zadistes de Notre-Dames-Des-Landes ont un bilan carbone fortement négatif, de l’ordre de 2000 tonnes de CO2 par personnes en première extrapolation, et sans prendre en compte la réduction du trafic aérien. [11] Fallait-il que leurs parents refusent de les mettre au monde ?

Quel que soit le bout par lequel on prend le problème, la notion selon laquelle « renoncer à avoir un enfant supplémentaire » permet de réduire son empreinte carbone ne tient pas debout.  

Changement d’échelle

Pourtant, on comprend intuitivement qu’ajouter un consommateur de plus sur terre aura nécessairement un impact (positif ou négatif).

Regardons l’effet macro-économique d’une telle décision. Si tous les êtres humains renoncent à prendre l’avion ou à manger de la viande, les émissions de C02 diminueront de 3.4 % et 14 % (respectivement). 

Mais si tous les êtres humains renoncent à avoir des enfants… l’humanité disparaît. Sans même aller vers cet extrême, il suffit que tous les pays riches renoncent à un enfant par couple pour qu’ils se retrouvent dans un cas de figure similaire à la politique de l’enfant unique chinoise (on passerait de  2 enfants par femme en moyenne dans les pays développés à un seul). 

Or la Chine se dirige vers une catastrophe démographique, comme en témoignent les efforts récents du gouvernement pour inciter les femmes à avoir plus d’enfants. 

La volte-face du pouvoir chinois est simple à comprendre : il tient à la pyramide des âges. À moins de deux enfants par femme, la population ne se renouvelle plus, et la jeune génération n’est plus en mesure d’assurer la fin de vie de l’ancienne. Plus d’assurance maladie, plus de retraite, plus de biens et services pour répondre aux besoins de base, plus de vie.

Dans les pays à faible natalité, réduire drastiquement le nombre d’enfants semble contre-productif, car cela provoquera à terme un effondrement économique, qui reléguera nécessairement l’écologie au second rang des priorités.

L’échelle individuelle n’est pas la solution pour le climat 

En matière d’écologie et de lutte pour le climat, l’insuffisance des actions individuelles n’est plus à démontrer. On rappellera simplement un chiffre : si tous les gars du monde voulaient bien adopter les préconisations écologistes recommandées plus haut (renoncer à l’avion, la voiture individuelle, la viande, l’eau chaude, etc.), les émissions globales chuteraient de 30 %. C’est tout ? Oui, c’est tout. L’essentiel des émissions vient de nos modes de production (industrielle, agricole, commerciale, numérique) et de la façon dont nous obtenons notre énergie (hydrocarbures, nucléaire ou renouvelables). 

La clé réside dans une transformation du système énergétique, industriel, agricole et in fine économique. [12]

Une telle transformation ne peut avoir lieu que par l’action politique collective, et non pas via la culpabilisation individuelle. Le futur reste à écrire, il est encore possible d’éviter la catastrophe absolue, tout dépend des choix politiques que l’on fait aujourd’hui et dans les douze à trente prochaines années (selon le dernier rapport du GIEC). 

Aux parents inquiets du monde qu’ils laisseront à leurs enfants, rappelons une évidence : même dans un monde « en paix » de nombreuses personnes se suicident, et inversement, un monde en proie au chaos ne veut pas nécessairement dire que tous les êtres humains y soient malheureux. Il semble bien présomptueux de prédire la qualité de vie d’un enfant qui n’est pas encore né. Ainsi, des couples à forte sensibilité écologique qui renoncent à avoir des enfants privent potentiellement le monde de futurs adultes susceptibles de défendre la planète, et laissent aux individus les moins conscientisés le soin de déterminer l’avenir de l’humanité.  

Inversement, l’aboutissement de la logique selon laquelle il faudrait renoncer e à avoir des enfants doit nous sauter aux yeux : pour sauver l’humanité, le plus efficace serait de… se suicider ?

La perversité de la logique néolibérale : renoncer à vivre plutôt que de renoncer au capitalisme

En théorie, nous sommes parfaitement capables de nourrir la population entière avec des produits issus d’une agriculture durable et biologique, de répondre au besoin en énergie à l’aide de panneaux solaires et autres énergies « renouvelables » et de garantir à tous les individus un emploi fournissant un niveau de revenu décent. 

En pratique, 840 millions de personnes souffrent de la faim (chiffre en hausse), les émissions de C02 augmentent, la déforestation explose, les stocks de poissons s’épuisent, l’espérance de vie en bonne santé recule et la pauvreté progresse en France comme à travers le monde. 

Face à ce constat, certains concluent qu’il faut renoncer à faire des enfants. Après avoir abandonné la sécurité de l’emploi, affaibli notre système de santé, renoncé aux aliments sans pesticide, accepté le retour du bœuf aux farines animales, renoncé à un air respirable et à une eau potable… nous devrions nous faire à l’idée d’avoir moins d’enfants. 

Plutôt que de remettre en cause ce désir « naturel », ne serait-il pas plus pertinent de remettre en cause le système économique responsable de cet état de fait ? 

Car c’est bien le capitalisme qui est coupable, comme l’a affirmé l’ancien numéro deux du gouvernement Macron à l’antenne de France Inter avant de démissionner. [13]

Wikipedia, crédit Lorie Shaull

De même, les couples qui hésitent à avoir des enfants pour des raisons économiques sont victimes de la dégradation du système social français. Moins de place en crèche, moins de pouvoir d’achat, moins de temps et de sécurité de l’emploi… It’s the economic system, stupid ! [14]

La boucle de perversité est bouclée lorsqu’on réalise que le système capitaliste, tout en nous culpabilisant d’avoir des enfants, a besoin que nous en faisions. Ne serait-ce que pour avoir à sa disposition une masse de travailleurs faisant pression sur les salaires, et une masse de consommateurs pour écouler la production. 

Cette cruelle ironie se transpose parfaitement aux pays pauvres, en particulier en Afrique, accusée de représenter une « bombe démographique » par les mêmes forces économiques qui lui imposent le libre échange, pillent ses stocks de poissons et imposent des réformes néolibérales qui affaiblissent les services publiques et les structures sociales suceptibles de limiter la croissance démographique. 

L’illusion de la « bombe démographique » africaine

Le soi-disant « tabou » de la question démographique fait partie des thèmes traités avec la plus grande hypocrisie. L’explosion démographique n’a rien de culturel, il s’agit d’une question purement économique. Plus une société se développe et accède à un niveau de vie élevée, plus le nombre d’enfants par femme tant à diminuer. Ainsi, pour lutter contre la destruction de l’environnement, la solution à l’échelle planétaire n’est pas de réduire la population (ou sa croissance) de facon arbitraire, mais d’aider à son développement économique. Ce qui pose des questions de répartition des richesses, et de programmes sociaux (éducation des femmes, emplois des femmes avec rémunération égale à celle des hommes, accès facilité à la contraception, mise en place d’une sécurité sociale étendue, d’un droit du travail renforcé et d’un système de retraite performant).

Du point de vue global, la priorité ne devrait pas être de contrôler la natalité, mais de favoriser le développement économique des pays pauvres et la mise en place de programmes sociaux robustes. Tout le contraire de ce à quoi pousse la logique néolibérale, les accords de libre échange et les politiques imposées par le FMI

La contrepartie de ce développement économique reste cependant claire : une augmentation de l’empreinte écologique par habitant. À moins que cette transition démographique s’accompagne d’une transition énergétique vers une économie décarbonée, ce qui semble incompatible avec notre système capitaliste globalisé.

Encore une fois, le problème n’est pas du côté du taux de natalité, mais bien du système économique. 

Conclusion 

À l’échelle macro-économique, renoncer à avoir des enfants pour sauver le climat n’a aucun sens et pourrait  produire les effets inverses à ceux escomptés. À l’échelle individuelle, il est impossible de quantifier l’impact qu’une telle décision pourrait avoir sur notre empreinte carbone. Les chiffres avancés sont strictement faux du point de vue comptable.  Ils reposent sur des hypothèses de calculs problématiques, ce qui explique que l’extrapolation des résultats conduise à des paradoxes. 

Plutôt que de remettre en cause une chose aussi naturelle que le désir de fonder une famille, il serait temps de remettre en cause le système économique qui en arrive à nous culpabiliser de vouloir vivre. 

Cette culpabilisation risque, au contraire, de décourager les citoyens et de fournir de nouvelles armes aux adversaires de la cause écologique. Ce n’est pas tout à fait par hasard que les articles invitant à avoir moins d’enfants sont plus fréquents que ceux qui proposent d’empêcher un projet industriel ou de changer de système économique.

Adopter des comportements individuels vertueux constitue un premier pas, mais seules les mobilisations politiques de masse permettront de transformer notre système et d’éviter un effondrement de nos sociétés. [15]

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Notes et références :

  1. Une simple recherche Google avec quelques mots clés (enfant, climat, planète…) renvoie à des dizaines d’articles évoquant l’idée de renoncer à faire un ou des enfants par soucis écologiques : exemple ici.
  2. https://www.vox.com/2019/3/11/18256166/climate-change-having-kids
  3. Cet article du Huffington Post résume l’état d’esprit de certains : https://www.huffingtonpost.fr/sezin-koehler/8-raisons-de-ne-pas-avoir-d-enfants_b_5834190.html
  4. https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/11/20/en-france-les-tres-riches-emettent-40-fois-plus-de-carbone-que-les-pauvres-mais-les-pauvres-paient-plus-de-4-fois-plus-de-taxe-carbone-en-de-leurs-revenus
  5. idem 5.
  6. Lire « Comment les riches détruisent la planète, Hervé Kempf (seuil, 2007) ou à défaut, ce résumé.
  7. Idem 6.
  8. L’étude estimant l’empreinte carbone d’un enfant est à retrouver ici.
  9. Selon l’étude citée en 8, le scénario “business as usual” produit 50 % moins d’économie que le scénario “croissance des émissions”, et un Français rejette trois fois moins de CO2 qu’un Américain.
  10. L’orientation politique d’un individu est déterminée par  l’orientation politique de ses parents dans plus de 88 % des cas. Source ici.
  11. L’étude de Carbone 4  mandatée par le gouvernement a démontré que l’empreinte carbone de l’aéroport de NDDL (hors impact du trafic aérien) est supérieure de 200 000 tonnes par rapport à l’alternative d’agrandir l’aéroport de Nantes. Si on considère une centaine de zadistes vivant de manière semi-permanente à NDDL, cela donne 2000 tonnes par personne.
  12. Lire cet excellent papier sur l’impasse des actes individuels pour lutter contre l’effondrement
  13. Lire également Naomi Klein : « Le capitalisme nous a empêchés d’agir pour le climat, pas notre nature humaine«  
  14. Lire jacobinmag : https://www.jacobinmag.com/2018/08/its-okay-to-have-children
  15. Idem 12.

9 réactions au sujet de « Climat : c’est OK d’avoir des enfants »

  1. Une alternative beaucoup plus intelligente à la limitation des futures naissances, ce serait de limiter arbitrairement l’espérance de vie à par exemple 65 ans.

    Mais curieusement, les gens qui veulent empêcher les autres de vivre ne semblent pas prêts à payer leur quote-part… Ils pourraient proposer de limiter drastiquement leur propre consommation dans tous les domaines pour atteindre un seuil acceptable, mais il est évident qu’ils veulent continuer à jouir d’exactement du même train de vie, quitte à empêcher les autres de vivre. On se dirige vers une société où des vieux de 70 ans vont torcher des vieux de 100 ans, où les rares jeunes nés devront créer un art pour vieux, faire du tourisme pour vieux, de la science pour vieux, de la bouffe pour vieux, où leur seule perspective de développement sera la vieillesse.

    Fun !

    1. « les gens qui veulent empêcher les autres de vivre »
      … la Vie commence avant la naissance ??? avec la conception ??
      quant à l’emploi des termes « train de vie », « perspective de développement », passons.

  2. Une fois n’est pas coutume, je dois dire que je ne suis pas très convaincu par cet exposé. La Chine pourrait combler une partie de son problème d’inversion démographique par une immigration massive, à l’exemple du Canada. Oui, le système capitaliste qui ne tient pas compte de la « finité » des ressources reste au cœur du problème. On ne peut toutefois pas nier non plus que la masse de consommateurs reste une épineuse question, que cette masse soit capitalisée ou pas, étant donné la quantité croissante de ressources et d’énergie dont nous avons besoin pour subvenir à nos besoins. Prenons tout d’abord un contre-exemple avec Madagascar en tant que pays où le PIB et la consommation d’énergie par tête restent relativement limitée: il y a un gros problème de déforestation lié à la production bovine et au mode de cuisson des aliments. Cette déforestation qui fut progressive menace maintenant directement la population. Ce mode de vie traditionnel n’aurait pourtant pas été problématique avec une démographie limitée. Repassons maintenant du côté de votre argumentaire pour les pays fortement industrialisés où le capitalisme fait rage: là encore, la masse monétaire des plus riches n’existe que si la masse ouvrière est là pour la supporter (la produire et la consommer). Imaginons maintenant que l’on répartisse les richesses équitablement du jour au lendemain… L’aspiration des plus pauvres n’est-elle pas d’imiter le train de vie des plus riches ? La consommation n’exploserait-elle pas et avec elle, l’emprunte carbone globale ? Outre la consommation, le développement des pays sous-développés ne se fait pas sans un investissement important en infrastructures qui a aussi une emprunte carbone non négligeable. On ne peut échapper à l’entropie. Tout ce que l’humain industrialisé (ou pas) fait au jour le jour à une emprunte carbone et celle-ci croit avec la demande énergétique. Les énergies renouvelables représentent actuellement moins de 5 % de la consommation mondiale et les énergies fossiles prennent une part supérieure à 80 % du PIB par personne. Comment réduire cette dépendance mondiale croissante aux énergies fossiles et est-ce que passer a un autre mode de production réduirait significativement notre emprunte carbone avec les technologies actuelles ? On pourrait peut-être passer efficacement à du photovoltaïque, de l’éolien et du nucléaire partout… On reste quand même avec un sacré problème d’échelle, avec 7 milliards d’humains répartis à travers la planète. D’un autre côté, on peut aussi se demander si réduire la masse de consommateurs réduirait invariablement la consommation. Pas forcement, si on produit des biens ou services toujours plus énergivores et que nous sommes toujours de plus en plus à pouvoir les consommer. On pourrait prendre un autre exemple que l’énergie et aller du côté de la surface agraire: admettons que l’on devienne tous végétaliens et que l’on remplace la production laitière et animale par des produits végétaux. En dépit du fait que l’on gagne une importante surface agraire en passant à un échelon trophique inférieur dans la chaîne alimentaire, il reste que la masse croissante d’individus à nourrir demande tout de même des surfaces de production toujours plus importantes. À titre d’exemple de problème de production végétalienne, il suffit d’aller voir ce qui se passe dans certains pays asiatiques avec la déforestation massive liée à l’accroissement des rizières. On a beau retourner le problème dans tous les sens, peu importe la solution de rechange (qui implique systématiquement de nouvelles contraintes), j’ai l’impression qu’on ne fait que déplacer un problème de masse vers un autre problème de masse. Un moyen simple et efficace de résoudre ce problème de masse ne serait-il pas d’enlever la masse de l’équation ? Votre exposé ne m’a malheureusement pas convaincu du contraire et je n’ai pourtant pas vocation à être malthusien. Je reste ouvert à changer de point de vue…

  3. « une chose aussi naturelle que le désir de fonder une famille »
    Comme disait le Vatican (mais lui n’a de compte à rendre à personne, pas même à la logique)

    « Le soi-disant « tabou » de la question démographique fait partie des thèmes traités avec la plus grande hypocrisie. »
    ………….On ne saurait mieux dire!
    J’ose espérer que dans l’article, il s’agit de légèreté plutôt que d’hypocrisie (laquelle n’est pas forcément ce qu’on croit sur la seule foi de ses « réflexes » « naturels »)

  4. Tant qu’on parlera de « croissance » et de « développement » sans dire croissance et développement de quoi
    Tant que « le désir de fonder une Famille » semblera « naturel »
    Tant qu’on envisagera de faire confiance aux pseudosciences que sont l’économie et la démographie
    Tant que le mot « malthusianisme » sera l’insulte suprême supposée clouer définitivement le bec à ceux qui ont l’audace de poser des questions
    Tant qu’ etc… etc…

    Tant et si bien qu’ exposer le sujet et conclure en une ou deux pages relève de la mission impossible !!!

    Après tout, le système d’exploitation en vigueur sous l’Ancien Régime avait une empreinte carbone dérisoire…

  5. On pourrait aussi poser la question en sens inverse. Quel est l’intérêt d’avoir plus que les deux enfants par femme qui perenisent le système. En quoi une planète avec bientôt 20 50 ou 100 milliards d’être humains serait elle souhaitable?

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