Qui a véritablement gagné la présidentielle de 2017 ?

Qui a véritablement gagné la présidentielle de 2017 ?

Le président de la République vient de souffler sa première bougie, dans une atmosphère de forte contestation sociale. Que retenir de son année au pouvoir ? Qui a véritablement gagné la présidentielle ? Nous vous proposons d’effectuer un premier bilan à l’aide d’une expérience de pensée dont les vertus pourraient bien vous surprendre.  

Expérience de pensée

Nous sommes le 23 avril 2017, vous venez de voter au premier tour de l’élection présidentielle. Les sondages donnent quatre candidats dans un mouchoir de poche. Sur le chemin du retour, un accident de circulation vous plonge dans un coma d’un an. À votre réveil, après plusieurs jours de récupération avec vos proches, vous demandez à l’un d’eux de vous résumer l’année politique écoulée, sans jamais mentionner le nom du vainqueur de la présidentielle.

Voici ce qu’il vous dit :

« Une des premières mesures du gouvernement consiste à rendre l’état d’urgence permanent en inscrivant ses principales dispositions dans le droit commun. Plus de 500 juristes s’y opposent et signent un appel « contre la destruction de l’État de droit ». Amnesty International et la CEDH parlent de « violation des droits de l’Homme », le New York Times d’une dérive totalitaire, évoquant « une suspension extraordinaire du droit des citoyens ». Pour la Ligue des Droits de l’Homme, ce texte représente un « délirant cocktail liberticide ». Quant au défenseur des droits Jacques Toubon, il évoque une « pilule empoisonnée qui risque de détruire la cohésion nationale ». (1)

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU adresse une lettre au gouvernement français où il s’inquiète officiellement du projet de loi qui « menace l’exercice des droits à la liberté et à la sécurité personnelle, le droit d’accès à la justice, et les libertés de circulation, d’assemblée pacifique et d’association, ainsi que d’expression, de religion ou de convictions ». Rien n’y fait, le texte est voté.

L’actualité vient rapidement confirmer cette subordination de la Justice envers la police, et donc de l’État. Le procès du quai de Valmy condamne des opposants politique à de la prison ferme, sur simple témoignage policier. (2) À Rennes, un policier braque son arme à feu sur des manifestants au cours d’une marche contre l’extrême droite. Sept interpellations musclées sont effectuées dans les jours qui suivent pour arrêter les personnes suspectées d’avoir pris à partie le policier. Les portes des logements sont défoncées au bélier (dont celle d’un voisin, par erreur) et une mère se trouve séparée de son nourrisson de dix mois pendant quinze minutes. Lors du procès, deux témoins cités par la défense terminent la séance menottés et accusés de faux témoignages. (3)

De nombreuses affaires de répression politique sont ainsi portées à la connaissance de la presse, comme celle de parents d’élèves de maternelle matraqués par la police, tandis que cette dernière gaze les enfants présents dans la cour de récréation. On citera également la condamnation d’un syndicaliste à 17 000 euros d’amende pour jet de confettis, l’intimidation d’un cinéaste placé en garde à vue et humilié pour avoir filmé un piquet de grève, et le licenciement d’un syndicaliste de La Poste sur ordre de la ministre du Travail, contre l’avis de l’inspection du travail.

Le journaliste « Tuff » subit une fracture ouverte de la boite crânienne suite à un coup de tonfa, en manifestation (3 avril 2018). Photo LaMeute/France info

La mort de Rémi Fraisse se solde par un non-lieu, tout comme celle d’Adama Traoré. Quant au jeune Théo, victime d’une interpellation musclée ayant nécessité la pose d’un anus artificiel, la Justice dédouane la police en faisant tomber l’accusation de viol.

Ce sont cependant les militants écologistes qui subissent l’essentiel de la répression politique. À Notre-Dame-des-Landes, l’État mobilise 2500 militaires, un hélicoptère, des drones et deux chars blindés. Les pelleteuses et bulldozers détruisent illégalement 29 lieux de vie, dont une bergerie et une ferme. Le tribunal de Nantes, saisi en urgence par les Zadistes, se déclare incompétent. Au cours de cette opération militaire, l’État policier piétine la notion d’État de droit dans un déchaînement de violence. Des octogénaires sont frappés et gazés à bout portant, plus de 260 personnes sont blessées (dont trois journalistes), 11 000 grenades lacrymogènes et explosives sont tirées en quelques jours. 77 gendarmes sont également blessés, dont quatre grièvement suite à un mauvais usage d’une de leurs propres grenades. Un pique-nique de retraités est gazé et bombardé de grenades offensives, la presse est parquée par les forces de l’ordre, avec interdiction de filmer. Elle se voit gracieusement proposer les images tournées par l’armée (et diffusées en boucle dans les JT…). (4)

Une manifestation de soutien aux Zadistes est durement réprimée à Nantes. Des enfants et leurs parents assis à la terrasse d’un café sont aspergés de gaz lacrymogène et chargés par les CRS. Des mamies se retrouvent prises dans des nasses. Un journaliste se fait ouvrir la boîte crânienne. On assiste à des scènes délirantes, comme celle de cet infirmier battu à coups de matraque. 

Les étudiants se mobilisent à leur tour. Ils font face à un niveau de répression jamais observée depuis quarante ans. Les facultés bloquées suite aux AG sont systématiquement évacuées par des opérations de CRS musclées. Les campus de Tolbiac, Paris-8, Nanterre, la Sorbonne, Sciences Po, Toulouse, Rennes 2, L’ENS, Jean-Jaurès, Strasbourg et Grenoble subissent l’assaut des CRS. À Montpellier, c’est une milice d’extrême droite qui est dépêchée pour expulser les étudiants à coups de batte. Un témoin clé, qui accapare le doyen, enregistre sa déposition à l’insu de la police. Médiapart publie des extraits de l’échange où l’on entend le policier menacer le témoin : « je te pète les deux genoux ». (5)

Dans tout le pays, on observe une recrudescence des milices d’extrême droite. À Paris, suite à une marche blanche pour la mémoire d’une victime juive assassinée et torturée par des racistes, des députés de gauche sont sortis du cortège par des militants d’extrême droite qui font ensuite un cordon de protection autour des ténors du FN. Les forces de l’ordre et le président de l’Assemblée nationale situés à quelques mètres ne bronchent pas, tandis que sur France Inter, le ministre de l’Intérieur accuse à demi-mot les députés de gauche d’antisémitisme. (6)

Deux présidents de partis politiques font l’objet d’un projet d’assassinat, sans que le ministre de l’Intérieur juge utile de les prévenir. Quatre députés de l’opposition sont toujours la cible de menaces de mort aujourd’hui.

Sur la question de l’immigration, en dépit d’un recul des flux migratoires comparé aux années 2000, le ministre de l’Intérieur parle de réduire les pompes aspirantes et surtout, reprend à son compte la notion de « submersion » par le flux de réfugiés lors des débats à l’Assemblée nationale. La loi « asile immigration » fait l’amalgame entre demandeurs d’asile et migrants, autorise la détention d’enfants pour quatre-vingt-dix jours et met sévèrement en cause la notion de droit d’asile. Elle est applaudie par les groupuscules d’extrême droite. 

Des accords sont passés avec la Turquie d’Erdogan et la Libye (où sont pratiqués la torture, le trafic humain et l’esclavage) pour y contenir les flux migratoires. Une milice d’extrême droite affrète un bateau pour repousser les migrants traversant la méditerranée, tandis que l’action des ONG est réprimée par les autorités. (7)

Plusieurs citoyens sont condamnés ou placés en garde à vue pour délit de solidarité envers les migrants, tandis qu’un groupe d’extrême droite se permet d’installer une barrière au col de l’Échelle pour refouler les réfugiés. Ces militants néofascistes ne sont pas inquiétés par les autorités. Quatre membres d’ONG sont, par contre, placés en garde à vue pour avoir assisté des migrants, tandis que le ministre de l’Intérieur renvoie dos à dos les activistes d’extrême droite et les militants solidaires. (8) Dans ce climat tendu, le journal Le Monde publie un manifeste ouvertement islamophobe, signé par près de trois cents célébrités. (9)

À Calais, l’écrivain Yann Moix filme et dénonce à son tour (après de nombreuses ONG dont Amnesty International) l’action des forces de l’ordre qui harcèlent les migrants. Dans une tribune, il évoque des toiles de tente lacérées, des sacs de couchage et réserves d’eau potable aspergés de gaz toxique, des effets personnels volés, des coups de matraque et violences qu’il tax « d’actes de barbarie » commis avec l’approbation du président de la République. Jacques Attali confirme sur les plateaux télé. Des milices d’extrême droite organisent par ailleurs des contrôles d’identités musclés dans plusieurs villes du Nord, avec le concours de la police. 

Enfin, une loi sur les fakenews doit permettre à l’État de contrôler la presse, tandis qu’une loi sur le secret des affaires est votée en procédure accélérée afin de museler les lanceurs d’alerte et les journalistes d’investigation. Elise Lucet lance une pétition qui recueille un demi-million de signataires en trois semaines, en vain. 

Après cette longue description, votre ami prend de faux airs de Julien Lepers et déclame :

« J’ai piétiné la laïcité dans un discours aux évêques de France, déplorant “le lien abîmé entre l’Église et l’État qu’il convient de réparer”, j’ai déroulé le tapis rouge à Versailles pour recevoir Vladimir Poutine en grande pompe et je me mets en quatre pour entretenir ce que les médias appellent une relation particulièrement amicale avec Donald Trump… je suis, je suis… »

« Ma… François Fillon ? »

Rendez-nous François Fillon !

Novembre 2016, face aux grands patrons, François Fillon décrit la méthode qu’il compte employer pour faire appliquer ses principales réformes. Il évoque un « blitzkrieg », matérialisé par le recours systématique aux ordonnances et procédures législatives accélérées, dans le but de paralyser la contestation sociale sous une pluie de réformes impopulaires, combinées à des mesures populistes. En particulier, il cite une réforme parlementaire qui supprimerait un tiers des députés.

Quelles sont les réformes essentielles qu’il promet aux grands financiers ? La suppression de l’ISF, une flat tax de 30 % sur le capital, la transformation du CICE en baisse de charges pour les entreprises, la baisse de l’impôt sur les sociétés (de 32 % à 25 %), une réforme du Code du travail qui plafonne les indemnités de licenciement, introduit un contrat de chantier et supprime la durée maximale hebdomadaire en inversant la hiérarchie des normes et en laissant la négociation s’opérer au sein des entreprises, et une réforme de l’assurance chômage qui réduit les indemnités et les conditionne à l’acceptation d’une offre d’emploi « raisonnable ». (10)

Un an après le second tour de la présidentielle, on constate que toutes les réformes citées par François Fillon ont bien été votées. Il faut y ajouter une longue liste de mesures figurant à son programme, et désormais adoptées : la suppression des emplois aidés, les états généraux de l’alimentation, la réforme du bac avec l’ajout du contrôle continu, la réforme universitaire avec un mécanisme type « parcours sup » et la mise en place d’attendus définis par chaque université… même la baisse des cotisations sociales présentée comme une hausse du pouvoir d’achat s’y trouvait !

Ainsi, il suffit de confronter le projet du candidat Fillon aux annonces du gouvernement actuel pour anticiper la suite des évènements :

Sur la fonction publique, au lieu de supprimer un demi-million de fonctionnaires, c’est le statut de cinq millions d’entre eux qui sera révoqué. (11) La réforme des retraites prévue pour la rentrée reprend la proposition de suppression de tous les régimes spéciaux. Sur l’éducation, on a introduit la sélection à l’entrée des universités qui va permettre d’obtenir le Graal de la droite : la mise en concurrence des lycées entre eux, des facs entre elles, et la privatisation accélérée de pans entiers de l’éducation. Sans oublier la marchandisation du logement social, proposée par Fillon et déjà envisagée sous Sarkozy. (12)

Extrait du programme présidentiel de F. Fillon, où l’on retrouve la logique de sélection via lettre de motivation et attendus.

Sur la santé enfin, les révélations d’Atlantico et Contrepoint confirment le projet de privatisation de la moitié de l’assurance maladie (jadis promis par François Fillon), qui créera un système à deux vitesses, calé sur le modèle américain. (13)

François Fillon a-t-il gagné la présidentielle ?

Non, assurément. L’ancien premier ministre faisait peur, avec son discours trop franc, ses pratiques douteuses et ses gros sourcils. Emmanuel Macron apparaissait plus apaisant, jeune et « en même temps » souriant. Surtout, François Fillon n’aurait jamais pu imposer une telle destruction des acquis sociaux, un tel piétinement des libertés individuelles, cela dans un tel climat de répression, sans provoquer le blocage général du pays.

Les véritables gagnants de l’élection présidentielle 2017

Au soir du premier tour, près d’un électeur d’Emmanuel Macron sur deux confirmait l’avoir choisi par « vote utile ». En multipliant ce taux par les 24 % de suffrages, ramenés au total des inscrits, on obtient une base électorale de 10 %.

Avec cette base de 10 %, Emmanuel Macron mène une politique pour les 1 %.

Elle se décline en deux grands axes. Le premier est remarquablement bien expliqué par M. Macron lui-même dans une interview au journal « Forbes ». Le but est de favoriser les grandes fortunes et les multinationales pour qu’elles choisissent de s’installer en France. D’où les transferts de richesse phénoménaux des classes moyennes vers les plus riches (pour un total de 8 milliards d’euros selon les chiffres de l’Observatoire français des Conjonctures économiques), le maintien du verrou de Bercy (qui empêche à la justice de lutter contre la fraude fiscale de façon indépendante), la suppression de l’Exit tax (une mesure de dissuasion de l’exil fiscal) et toutes les mesures en faveur des grandes entreprises (baisse de la fiscalité, secret des affaires, libre échange…).

Études d’Oxfam sur les effets de la politique fiscale d’Emmanuel Macron hors de la flat tax de 30 % et hors suppression de l’Exit tax

Le second axe se caractérise par un transfert inédit des biens communs vers le privé, autrement dit, l’abandon de l’intérêt général au profit des intérêts particuliers. Cette démarche peut s’expliquer de deux façons. Soit par une conviction idéologique qui consiste à penser l’intérêt général comme simple somme des intérêts particuliers. Soit par collusion et soumission aux intérêts financiers. Quoi qu’il en soit, cette politique se matérialise par une gigantesque braderie de tous les biens publics présentant une importante valeur commerciale. Après les autoroutes, on vend les autres monopoles publics déjà amortis et à très haute valeur du point de vue de la sécurité, de la souveraineté et de la stratégie industrielle : les barrages hydrauliques, les Aéroports de Paris, le rail (c’est la finalité de la réforme SNCF) et Alstom (qui fabrique les pièces essentielles aux centrales nucléaires).

De même, des pans entiers de l’économie sont soumis à la concurrence ou en passe d’être privatisés : les hôpitaux publics (qui doivent désormais partager le gâteau avec les cliniques privées), notre système de retraites (avec le projet d’ouverture aux fonds de pension) (14), l’assurance maladie (avec la réforme à venir, inspirée du modèle américain), l’énergie et les transports. (15) On notera, au passage, l’ironie avec laquelle le gouvernement justifie la vente  des Aéroports de Paris à Vinci pour 8 milliards (alors que ce monopole réalise des profits de près d’un milliard d’euros, en croissance de 30 % par an) pour combler le déficit public généré par les 8 milliards de cadeaux fiscaux accordés aux 1 % les plus riches. 

Toute cette dynamique se fait avec le plus grand mépris pour l’environnement, le réchauffement climatique et la santé des consommateurs. Alors que les émissions de C02 de la France sont de nouveau en hausse, on propose de fermer 9000 km de lignes ferroviaires pour les remplacer par des bus. On supprime l’aide à l’agriculture biologique pour favoriser les grandes exploitations agricoles artificiellement mises en concurrence avec les éleveurs brésiliens (encourageant ainsi au passage la déforestation de l’Amazonie) et on favorise l’ouverture d’une mine d’or en plein cœur de la jungle. Sans oublier le CETA qui ouvre l’UE à l’importation de pétrole issu des sables bitumineux et aux viandes issues des fermes usines. (16)

Tandis que la loi du secret des affaires va empêcher les journalistes de travailler sur des dossiers types Lactalis, on prolonge l’autorisation du glyphosate et des perturbateurs endocriniens. Et à Notre-Dame-des-Landes, on casse les germes d’un modèle alternatif en détruisant les fermes gérées en commun.

Reconnaissons à Emmanuel Macron une certaine cohérence.

 

Conclusion

Dans un documentaire diffusé sur BFMTV, les proches d’Emmanuel Macron parlaient de « hold-up », de « casse du siècle ». D’autres évoquent une fantastique opération de communication ayant permis de faire passer un candidat réactionnaire partageant l’idéologie de Margaret Thatcher et François Fillon pour un jeune homme progressiste.

À qui profite le crime ? À ceux qui l’ont aidé à le commettre. Mais pas seulement. Car pour imposer une politique qui attaque aussi ouvertement l’intérêt général avec un tel déficit de légitimité, il faut s’assurer une base arrière dans l’opinion. D’où l’adoption de cette posture présidentielle à la limite du ridicule :  remontée des Champs-Élysées dans un véhicule militaire, sacre au Louvre, discours à Versailles, descente en rappel dans un sous-marin nucléaire, filiation revendiquée avec Jupiter, tout y passe.

Et comme cela ne saurait suffire, on y ajoute une politique anti-immigration approuvée par le FN, une répression violente de la contestation et un discours populiste sur les travailleurs fainéants, les chômeurs-fraudeurs, les étudiants fauteurs de troubles et les grévistes preneurs d’otages. Le tout avec l’approbation générale des grands médias et « leaders d’opinion ».

Une de Libération le samedi 5 mai.

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Note et références :

  1. Les sources des citations sont disponibles dans notre article « Le triomphe du terrorisme ».
  2. Lire le compte rendu d’audience de Lundi.am ici https://lundi.am/jour4-Alain-Damasio
  3. Lire le récit de ces évènements fait par Libération, Médiapart et Lundi AM 
  4. Voir ces vidéos qui relatent l’intervention à la ZAD
  5. Lire les révélations de Médiapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/030418/fac-de-montpellier-un-temoin-cle-menace-en-audition-par-un-policier
  6. Lire par exemple dans l’Express le sort réservé aux migrants transitant par la Libye
  7. Médiapart : récit de la marche blanche  
  8. Médiapart : Génération identitaire et militant solidaires : les raisons du deux poids deux mesures
  9. Lire la tribune de Claude Askolovitch pour Slate.fr
  10. Il faut absolument consulter le programme présidentiel de François Fillon pour se rendre compte du niveau de similarité entre ce dernier et les mesures prises par Emmanuel Macron. Du copié-collé.
  11. Lire Le Monde diplomatique : les fonctionnaires, voilà l’ennemi 
  12. Il est vraiment bluffant de constater que le projet logement qui vise à totalement privatiser le système des HLM est en réalité un vieux projet du cabinet ministériel sous Sarkozy, ressorti des tiroirs. https://www.mediapart.fr/journal/france/040418/vers-une-marchandisation-acceleree-du-logement-social
  13. Lire les révélations d’Atlantico et Contrepoint
  14. Le projet d’ouverture des retraites aux fonds de pension, déjà mentionné par le chef économique d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, est désormais acté par Matignon, comme l’explique cet article de Médiapart.
  15. Sur la santé, les révélations d’Atlantico confirment le projet de sortir de la sécu les soins non vitaux, ce qui représente en volume 50 % de l’assurance maladie. Les soins essentiels (et donc les plus chers à prodiguer) seront laissés à la compétence du public, tandis que les soins non vitaux seront pris en charge par le privé, ce qui correspond au système américain où la puissance publique n’assure que le strict minimum (via les services d’urgences qui restent gratuits, et les programmes Medicare et Medicaid), tandis que le privé récupère les marchés les plus juteux.
  16. Une simple recherche Google sur chacun des thèmes écologiques évoqués devrait permettre de les confirmer, sinon se rapporter à cet article.

 

 


10 réactions au sujet de « Qui a véritablement gagné la présidentielle de 2017 ? »

    1. Au contraire, cela peut continuer tant qu’il y aura du pain (les restos du coeur) et des jeux (jeux vidéo, téléréalité, réseaux sociaux, distractions diverses, …).
      J’ai comme l’impression que le président Macron préfèrera retourner dans le monde bancaire plutôt que de faire un second mandat. Il semble déjà beaucoup mieux préparé que ses prédécesseurs pour monnayer son passage en tant que président.

  1. Petites questions très naïves pour essayer de comprendre :
    – Pourquoi les zadhistes n’ont ils pas évacué lorsque le projet de l’aéroport est tombé à l’eau ? N’ont ils pas eu ce qu’il voulaient ?
    – Pourquoi ce soutien à des militants occupants des terres ne leur appartenant pas ?
    Merci

    1. Bonjour !

      Sur les zadistes, le mieux serait de leur poser la question directement: Médiapart a mis en ligne un interview d’une bergère/entrepreneur (ancienne ingénieur) de la ferme des 100noms qui a été détruite, et qui répond à cette question. En réalité il faut toute la naïveté ou l’aveuglement idéologique de nos gouvernants pour croire que l’occupation de la Zad se réduisait à la question de l’aéroport. Il s’y joue aussi l’expérience d’un autre mode de vie, d’une autre société. À ce titre il nous semble précieux de conserver cette expérience, qui peut nous apprendre énormément de choses. Le mode de vie reposant sur la mise en commun, sur le règlement des conflits par des assemblées, l’organisation sans monnaie… tout cela relève d’une expérience sociale passionnante et qui pourrait bien devenir le mode de vie forcé de la génération qui nous suivra au train ou s’accélère le réchauffement climatique (nous vous renvoyons aux travaux de Pablo Servigne que vous pouvez découvrir à partir de cet interview passionnant).

      Sur la question de la propriété des terres, elles sont pour l’instant la propriété de l’État et rien ne l’obligeait à en expulser les squatteurs (à qui ont propose d’ailleurs de rester à condition de proposer des projets individuels, y compris non agricole, apprenait-on il y a trois jours).L’évacuation était donc une pure entreprise de communication qui aura couté beaucoup d’argent au contribuable et fait de nombreux blessés, y compris chez les forces de l’ordre. Dans notre article « mourir pour la zad ? » nous expliquions également que cette « expérience » hors du système de la propriété privée ne pouvait pas être laissée impunie, car elle menace le système actuel et tant à démontrer que la propriété privée (des terres) n’est en rien une loi naturelle ou une obligation, mais bien un choix politique avec ses avantages et inconvénients.

      Donc pour résumer: non ils n’ont pas obtenu « ce qu’ils voulaient » (pour peut qu’ils veuillent tous la même chose), et les soutenir ? Oui, car les terres appartiennent à l’État (donc à tout le monde, eux y compris) et leur occupation nous parait relever de l’intérêt général.

      1. Merci pour votre réponse super complète. Je vais creuser avec vos liens.
        Entre politiques véreux, médias canalisés et divers sources aux partis pris, c’est pas toujours facile de se faire une opinion… 🙂

  2. Encore un tableau formidable. Bravo!

    Peut-on aller plus loin et nous demander ce qui fera suite à la destruction des systèmes d’assurance sociale, et le transfert à la sphère du profit des services publics?

    Que nous enseignent l’avant-garde des USA? Plus de xénophobie? Un Trump français? L’incarcération de masse? La baisse de l’espérance de vie? Une société de caste? Combien de temps peut-on encore augmenter les privilèges et concentrer les richesses?

    1. Merci ! Tout porte à croire que le prochain président de la république sera une femme, qui vient d’ailleurs de renoncer à son nom de famille pour se faire appeler simplement Marion Maréchal.

      Mais cela semble tellement évident et préparé (jusqu’à la rédaction de france 2 qui est récemment tombée amoureuse de Valeur Actuelle) qu’on n’est pas à l’abri d’une surprise. Les scénarios écrit d’avance, bien qu’hautement prévisibles, ont tendance à ne pas se matérialiser.

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