Le benchmarking des appels d’air

Le benchmarking des appels d’air

Aux États-Unis, la nouvelle politique d’immigration « tolérance zéro » appliquée à la frontière mexicaine a conduit l’administration de Donald Trump à séparer les familles, parquant les enfants dans des cages pendant que les parents étaient envoyés en prison fédérale en attente de leur jugement.

Ce traitement qualifié d’inhumain, y compris par la droite la plus conservatrice, a provoqué un mouvement de protestation sans précédent. Donald Trump et ses plus fidèles soutiens ont défendu cette politique qualifiée de « dissuasive », tout en admettant chercher à bénéficier de l’indignation pour obliger les démocrates à accepter de financer le fameux mur.

Ces témoignages d’enfants arrachés à leurs parents, parfois au sein de leur mère, souvent sans aucune chance d’être réuni par la suite, provoquent colère et dégoût. Il ne faudrait pourtant pas oublier qu’en France, la politique migratoire d’Emmanuel Macron applique la même logique et conduit à des atrocités similaires, bien que moins systématiques.

Le fil directeur demeure identique : l’obsession de la lutte contre les « pompes aspirantes » pour s’assurer que la France et les USA ne figurent plus en tête du « benchmarking » des migrants. La rhétorique de Marine Le Pen a triomphé en France, sans provoquer l’indignation qu’elle génère aux États-Unis.

Lire la suite Lire la suite

En mémoire d’Anthony Bourdain

En mémoire d’Anthony Bourdain

La tragique disparition d’Anthony Bourdain, chef cuisinier et documentariste rebelle, aura pris de court des millions de personnes, tant par le choc et le caractère inattendu de la nouvelle que par l’ampleur de l’émotion qu’elle suscite.

En France le personnage, et l’impact qu’il a pu avoir sur la société, demeurent largement méconnus. L’occasion de revenir modestement sur ce qui faisait d’Anthony Bourdain cet homme si remarquable.  

Lire la suite Lire la suite

Faut-il croire au revenu universel ?

Faut-il croire au revenu universel ?

Un revenu universel versé à vie, à tous les citoyens, et sans aucune contrepartie. Voici une proposition qui apparaitra à certains comme absurde et immorale, à d’autres comme innovante et radicalement progressiste.

Cette idée s’impose peu à peu dans le débat public et séduit les ultralibéraux comme les sociaux-démocrates. À tel point que son adoption future semble inéluctable.

Mais son application est-elle réaliste ? Et surtout, doit-elle être défendue par les forces politiques se réclamant « progressistes », « humanistes » ou « de gauche » ? Tâchons d’y voir plus clair.

Lire la suite Lire la suite

Le déni des élites

Le déni des élites

Elles peuplent les cabinets ministériels, les conseils d’administration et comités exécutifs des grandes entreprises. Elles pilotent les institutions financières, lobbient à Bruxelles, Washington et Matignon, président les think tanks, distillent leurs « expertises » sur les plateaux audiovisuels, éditorialisent sur les ondes et dans les journaux. Elles dirigent les rédactions des grands médias, produisent l’offre culturelle, dînent ensemble au Siècle, se rencontrent à Davos. Elles, ce sont nos élites.

De plus en plus décomplexées, leur action marchande l’intérêt général au profit des intérêts particuliers. Elles seraient pragmatiques, en prise avec la réalité, détentrices de la vérité.

Pourtant, nul ne saurait être plus spectaculairement déconnecté du réel que nos très chères élites. En dépit des multiples signaux, elles persistent dans les mêmes voies sans remettre en cause leur « logiciel ». Elles ignorent les « erreurs système », et plongées dans un profond déni, nous mènent inexorablement à la catastrophe.

Il faut prendre conscience de la nature rigoureusement « hors sol » de nos élites pour mieux refuser leurs solutions. Nous l’illustrerons brièvement à travers trois exemples récents : l’élection de Donald Trump aux USA, la crise italienne et l’urgence écologique.  

Lire la suite Lire la suite

Iran : la guerre qui vient

Iran : la guerre qui vient

Donald Trump vient de rompre l’accord sur le nucléaire iranien, sans fournir la moindre perspective de négociation future ni cadre juridique pour épargner les intérêts économiques européens. Il ne s’agit pas d’une erreur, mais d’un calcul visant à provoquer l’effondrement du régime iranien.

La majorité des acteurs veulent la guerre : le nouveau conseiller spécial à la défense John Bolton, principal artisan du désastre irakien et ardent partisan des frappes préventives en Corée du Nord et en Iran, représente les va-t-en-guerre néoconservateurs au service du complexe militaro-industriel américain. Il peut compter sur l’appui de l’évangéliste Mike Pompeo, ministre des Affaires étrangères tout juste nommé par Donald Trump, qui incarne l’extrême droite fondamentaliste américaine, persuadé de l’imminence de l’Apocalypse.

Israël et l’Arabie Saoudite encouragent cette ligne politique belliqueuse. Benyamin Netanyahou milite depuis 2010 pour des frappes sur Téhéran, tandis que le jeune et fougueux monarque Mohamed Ben Salmane vient de s’acheter le soutien occidental à coup de contrats d’armements dépassant la centaine de milliards de dollars.  

Pour éviter le désastre, il ne faudra compter ni sur le parti démocrate américain, qui vient de confirmer Mike Pompeo aux affaires étrangères et une tortionnaire à la tête de la CIA ; ni sur l’Europe, dont les accords de défense la lient aux USA, aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Qatar.

Les conséquences seront désastreuses pour les Iraniens et les peuples du Moyen-Orient, mais également pour l’Europe. Située par défaut dans le camp des agresseurs, la France s’expose à un nouvel afflux de réfugiés et un risque accru de terrorisme, tandis que notre économie risque d’imploser sous les effets de la hausse du prix du pétrole.

Seules une mobilisation populaire massive ou l’action de quelques dirigeants inspirés permettront d’éviter la catastrophe.

Lire la suite Lire la suite