To Brexit or not to Be

To Brexit or not to Be

L’impasse du Brexit témoigne d’un triple échec des démocraties occidentales. Celui du référendum initial, entaché par un cynisme et une malhonnêteté désormais trop courante dans le débat public ; celui de l’Union européenne incapable de présenter un « accord » acceptable et respectueux à la Grande-Bretagne ; et celui de la démocratie britannique elle-même, plongée dans une crise profonde par une classe politique désavouée.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer une issue positive à une situation pourtant porteuse d’espoirs. Car au final, la problématique centrale posée par le Brexit n’est autre que celle de la souveraineté, donc de la démocratie. Être ou ne pas être démocrate, that is the question !

1) La tragédie du référendum

À chaque fois qu’un peuple européen a été amené à voter pour ou contre l’Union européenne, il s’est prononcé contre. On se souvient des référendums sur le traité constitutionnel, où la France, les Pays-Bas et l’Irlande avaient voté « non ». On se souvient du référendum grec de 2015, également balayé d’un « non » malgré les banques grecques fermées par la BCE pour forcer un « oui ». On se souvient du référendum italien de Matteo Renzi, lui aussi renvoyé dans les cordes.

Le Brexit ne fit pas exception à la règle, mais il présente ses propres spécificités. Dans une tradition purement britannique, on ne peut s’empêcher d’y déceler une certaine pointe d’ironie flirtant avec l’humour noir et l’autodérision.

D’abord, il fut convoqué par un Premier ministre europhile, David Cameron, dans le but de faire taire l’opposition eurosceptique, et avec l’espoir d’arracher des concessions à l’Union européenne sur le mode du chantage : vous nous donnez ce qu’on veut, ou nous défendrons le vote pour le Brexit. De ses demandes initiales, Cameron obtint peu, mais suffisamment pour appeler son peuple à rester dans l’UE.

C’était sans compter sur deux phénomènes distincts. En premier lieu, le peuple britannique a beaucoup souffert des politiques néolibérales imposées ou facilitées par l’Union européenne : l’ouverture des marchés, la financiarisation de l’économie, la privatisation des services publics, la concurrence des travailleurs détachés… Sans surprise, les victimes de ces politiques ont voté pour le Brexit. (1)

Mais le principal camp de la sortie, celui de l’extrême droite et des nationalistes, mené par le parti politique UKIP de Nigel Farage et l’ancien maire (conservateur) de Londres Boris Johnson, a conduit une campagne particulièrement malhonnête, menée par pur calcul politique sans envisager sérieusement la possibilité d’une victoire.

Le Brexit, selon eux, permettrait de stopper l’immigration tenue responsable de tous les maux, de récupérer des sommes d’argent faramineuses qui seraient déployées dans le système d’assurance maladie britannique, et d’en finir avec les normes européennes invasives qui encadrent le commerce des cuvettes de toilettes. Le problème, c’est qu’une fois la victoire acquise, tous ces gens ont refusé d’en assumer les conséquences. Dans les dix jours qui ont suivi le référendum, Nigel Farage a annoncé se retirer de la vie politique et Boris Johnson a renoncé à briguer le poste de Premier ministre. En clair, après l’avoir forcé à percuter un iceberg, les rats ont quitté le navire.

Image Dulhunk/Flickr

Les partisans du « remain » ne sont pas exempts de critique non plus. Au lieu d’expliquer pourquoi le Royaume-Uni bénéficierait du maintien dans l’UE, leur campagne électorale s’est résumée à un discours catastrophiste sur la crise économique qui emporterait le pays en cas de sortie, aidée par un Barack Obama venu spécialement des États-Unis pour menacer le peuple britannique en ces termes : si vous sortez de l’UE, l’oncle Sam ne signera aucun accord commercial prioritaire avec vous, vous serez « en dernière position dans la file d’attente » des nations souhaitant échanger avec l’Amérique. Question ingérence électorale, on n’a guère fait mieux depuis.

Le vote du Brexit l’emporte malgré tout, porté par les classes moyennes et ouvrières les plus impactées par la mondialisation, et par les retraités. Et en dépit des difficultés croissantes rencontrées au cours des négociations, de la chute temporaire de la livre sterling et du modeste ralentissement économique, l’opinion publique est longtemps restée favorable au Brexit.

On ne peut pas en dire autant de Theresa May. Pour renforcer sa majorité en vue des négociations, elle déclenche des élections anticipées en juin 2017, et parvient à perdre 20 % des électeurs en faveur du Labour, le parti socialiste revigoré par son nouveau leader, Jeremy Corbyn. Pour se maintenir au pouvoir, May doit alors s’allier à un parti d’extrême droite de l’Irlande du Nord, ce qui n’a pas facilité sa position en vue des négociations pour le Brexit…

Ce n’est que très récemment, depuis la finalisation de l’accord de sortie, que les sondages indiquent une préférence grandissante pour rester dans l’Union européenne. Une des explications tient dans l’aspect désastreux de la sortie qui s’annonce, ou aucun camp n’a obtenu satisfaction. Pour l’extrême droite et les nationalistes partisans du « hard Brexit », la sortie n’est pas assez « dure », pour la gauche partisane d’un « soft Brexit », il est trop brutal et ne protège en rien les travailleurs anglais. Et pour tout le monde, il représente une perte de souveraineté inacceptable. Un comble puisque l’intérêt du Brexit était précisément de gagner en indépendance !

L’autre explication, plus ironique encore, c’est qu’un demi-million de partisans du Brexit sont… morts. Les seniors ont voté en masse pour la sortie, et bientôt trois ans plus tard, un nombre significatif d’entre eux ne sont plus de ce monde. À l’inverse, de nombreux jeunes qui n’avaient pas le droit de vote en 2015 sont désormais majeurs, et hostiles au Brexit.

2) L’Union européenne est incapable de négocier

On l’a vue avec la Grèce et l’Italie, l’Union européenne ne sait pas négocier. Elle est incapable de faire le moindre compromis. » Il ne saurait y avoir de démocratie en dehors des traités » disait son président, Jean-Claude Juncker. L’UE a ses règles, et en dehors de ce cadre, elle ne sait pas fonctionner.

Bien sûr, lorsqu’il s’agit de définir la politique d’accueil des réfugiés, les Européens peuvent faire des entorses au règlement et renégocier des accords. Mais pour ce qui est de la politique économique, impossible de discuter.

Dans le cas du Brexit, trois problèmes majeurs devaient être tranchés.

  1. La question de la facture du Brexit (combien le Royaume-Uni devrait payer à l’Union européenne pour compenser le fait qu’il ne participerait plus au budget européen pendant la période de transition). Réponse : 50 milliards d’euros.
  2. La libre circulation des marchandises ET des individus, condition impérative à la participation au marché commun, constitue le premier point de blocage. Car la droite anglaise voulait la libre circulation des marchandises, mais pas des individus. Ce qui constitue une ligne rouge pour l’UE.
  3. La frontière avec l’Irlande : un Brexit et des douanes nécessitent une frontière terrestre en Irlande, une condition inacceptable compte tenu de l’histoire sanglante autour de cette frontière. Mais l’alternative proposée par les Européens (une frontière entre l’Irlande du Nord membre du Royaume-Uni et l’Angleterre) semblait tout aussi inacceptable pour le Royaume-Uni qui devrait établir une frontière au milieu de son propre territoire.

Les Britanniques ont tenté de négocier « le beurre et l’argent du beurre » : le rétablissement d’un contrôle aux frontières pour les personnes, mais pas pour les marchandises. Le RU serait ainsi en mesure de négocier les accords commerciaux par la suite, et d’imposer ses propres normes et régulations dans certains secteurs, tout en conservant un accès par défaut au marché commun. C’est le fameux « Chequers plan » présenté par Theresa May à Bruxelles en octobre 2018.

Pour l’UE, ces termes sont inacceptables, car ils violent ses principes de fonctionnement indissociables (libre circulation des personnes, capitaux et marchandises), et inciteraient d’autres pays membres à quitter l’UE pour négocier leurs propres conditions.  

L’économiste David Cayla explique au Figaro : « Le problème de l’Union européenne tient au fait que, dans sa structure même, elle n’a pas de pouvoir politique légitime, donc elle ne peut pas transgresser ses propres règles. Dans les négociations, elle demande mécaniquement à ce que ses propres règles s’appliquent sans le sens diplomatique qui conviendrait — « c’est ça ou rien ! ».

Au final, Theresa May n’a rien obtenu des Européens, et a présenté à son parlement un deal qui reprend toutes les exigences de l’UE. (2)

L’accord prévoit que le Royaume-Uni reste dans la zone UE pendant une période de transition extensible, bénéficiant de l’accès au marché commun et un contrôle limité de ses frontières, mais sans avoir de mot à dire sur le fonctionnement de l’UE. La période transitoire servirait à négocier les exceptions et accords (commerciaux et frontaliers) au cas par cas. En Irlande, le texte prévoit une union douanière qui a tous les inconvénients d’un accord de libre-échange, sans les avantages (le R-U ne pourra pas négocier d’autre accord avec des pays tiers, et se voit imposer tout nouveau traité commercial signé par l’UE). Et pour sortir de cette union, l’autorisation de l’UE sera indispensable. C’est le fameux « backstop », ou filet de sécurité voulu par Bruxelles.

En clair, les Britanniques perdent leur souveraineté commerciale. C’est une mise sous tutelle qui durera aussi longtemps que l’UE le souhaitera. Lorsqu’on a compris cela, le camouflet infligé par le parlement britannique à Theresa May prend tout son sens. Jamais un Premier ministre n’avait subi de revers aussi franc (432 votes contre, 202 votes pour). Par le passé, un chef de gouvernement désavoué avait systématiquement démissionné. Mais pas cette fois.

3) Brexit or not ? Crise politique au Royaume-Uni

Le fond de l’affaire reste assez simple : aucun élu britannique, ou presque, ne pense que le Brexit est une bonne idée. Et surtout pas Theresa May, qui avait fait campagne pour le « remain ».

Seulement, puisque les rares représentants politiques qui avaient milité pour le Brexit ont refusé de prendre leurs responsabilités ou de proposer un plan concret, on débouche sur une situation absurde où le gouvernement s’entête à mener à bien un Brexit auquel il ne croit pas lui-même. 

Son principal argument, à l’heure actuelle, se résume au devoir de respect du référendum. Cette perspective louable honore la Démocratie, mais devient ridicule lorsqu’elle est imposée par des gens qui ne souhaitent pas le Brexit.

Or Theresa May a été désavouée à deux reprises : par les Britanniques lors des élections anticipées de 2017, puis par sa propre majorité parlementaire le 15 janvier dernier.

La solution évidente serait de dissoudre le parlement et d’organiser des élections, ce qui permettrait de faire émerger un nouveau gouvernement avec un mandat clair pour négocier le Brexit. C’est ce qu’espérait Jeremy Corbyn en organisant un vote de défiance, mais la droite a préféré maintenir May au pouvoir plutôt que de risquer de confier les clés du 10 Downing Street à un socialiste. Corbyn n’est pas aidé non plus par la haine que lui portent les médias de centre gauche, qui restent attachés à une ligne néolibérale et ne voient pas d’un bon œil son programme de partage des richesses et de nationalisation sobrement intitulé « For the many, not the few » (pour le grand nombre, pas les quelques-uns).

Pourtant, un Brexit « de gauche » résoudrait probablement l’impasse : la libre circulation des personnes serait maintenue, ce qui clôt la question de l’Irlande du Nord, et les questions commerciales seraient négociées petit à petit, comme le suggère la proposition d’accord de l’UE. Cette option reste bloquée par Theresa May et les députés conservateurs. (3)

Hamlet, image wikipedia

L’alternative consisterait à organiser un second référendum. Dans la revue Jacobin, le politologue et économiste marxiste Richard Seymour doute de cette solution. (4) Une nouvelle victoire du Brexit, bien qu’improbable, serait une catastrophe pour la gauche comme la droite de gouvernement. Mais une victoire du remain provoquerait une autre situation peu enviable : la Grande-Bretagne reviendrait frapper à la porte de l’UE la queue entre les jambes, en disant adieux aux règles d’exceptions dont elle bénéficiait par le passé. Cette perspective validerait le fameux « il n’y a pas d’alternative » à une Europe libérale et antidémocratique. Ce serait également une attaque sans précédent contre la démocratie. Au-delà du référendum, il est important de noter que 85 % des élus au parlement britannique avaient fait campagne en prenant l’engagement de mener le Brexit à son terme. En clair, la sortie de l’UE a déjà été validée dans les urnes par deux fois.

Manifestation pour un second référendum à Londres, octobre 2018. Si la capitale reste majoritairement contre le Brexit, les villes de province et les campagnes demeurent attachées au respect du vote. Image Flickr.

Suite à l’échec de sa motion de censure, Corbyn a pourtant cédé aux pressions internes de son parti et accepte désormais de soutenir la proposition d’un second référendum. Ce revirement s’explique par l’épuisement des autres options, et un paradoxe qui le touche personnellement : la base militante du parti, très jeune et active, lui a permis de rester en place malgré les tentatives de déstabilisation issues de l’aile droite néolibérale. Or cette base est globalement hostile au Brexit, alors que l’électorat historique du Labour, du nord de l’Angleterre et plus âgé, est lui plutôt favorable à la sortie.

Cette division pourrait couter cher au Labour en cas de second référendum, mais Theresa May continue d’exclure cette solution.

Restent donc la perspective d’un no-deal, ou bien une forme légèrement adoucie du deal imposé par Bruxelles, c’est-à-dire une mise sous tutelle de la Grande-Bretagne.

Theresa May doit renégocier avec Bruxelles, mais l’UE a déjà indiqué que « le backstop fait partie de l’accord, et sans le backstop l’accord n’est pas négociable ». En clair, soit le Brexit se fait sans aucun deal, avec toutes les difficultés que cela suppose, soit le Royaume-Uni se retrouve mis sous tutelle par l’UE. Bravo Bruxelles.

4) Le No-deal, une catastrophe pour la France 

Pour David Cayla, toujours dans le Figaro, Emmanuel Macron a effectué une terrible erreur de calcul. En adoptant une attitude intransigeante avec May dans l’espoir de voir les activités financières de la City de Londres s’installer à Paris, il a forcé les Britanniques vers un accord inacceptable. À vouloir le beurre et l’argent du beurre, il se pourrait que la France se retrouve avec rien : pas de traders anglais à Paris, et pas d’accord commercial avec le « no deal ». (4)

Or le Royaume-Uni est le principal client de la France à l’export. Un « no deal » serait tragique pour l’économie française, qui serait disproportionnellement affectée. La France risquerait de voir son déficit commercial plonger et des centaines de PME faire faillite. Au lieu d’adopter la ligne brutale et autoritaire de l’Allemagne, Paris aurait pu chercher un accord gagnant-gagnant. À croire que les intérêts de Berlin passent avant ceux de l’hexagone.

5) Democracy or no Brexit ?

L’Union européenne refuse de rendre sa souveraineté au peuple britannique, de peur que cela donne des idées à d’autres pays membres. La France refuse un accord « gagnant-gagnant » dans l’espoir de récupérer quelques traders londoniens, quitte à mettre notre économie en péril. Et la Grande-Bretagne s’enferme dans une impasse politique.

Le non-respect du référendum constituerait un déni de démocratie inouïe. Il établirait un dangereux précédent qui avaliserait l’autoritarisme de Bruxelles et Berlin, et confirmerait le fameux « il n’y a pas d’alternative », et donc de démocratie. 

Pour Emmanuel Todd, ce qui se joue dépasse le simple cadre économique. C’est une lutte entre les démocraties libérales incarnées par les Anglo-Saxons, et l’autoritarisme du vieux continent. Un remake de la bataille d’Angleterre de 1940, mais sur un plan purement politique. (6) Voir la France s’aligner sur Berlin en dit long de la corrosion de nos élites, et permet d’établir un parallèle de plus avec la seconde guerre mondiale… 

Sans pousser trop loin l’analogie historique, le Brexit constitue un choix entre la démocratie et l’ordo-libéralisme. Car les deux sont — in fine — incompatibles.

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Sources :

  1. Le Monde diplomatique : Brexit, les raisons de la colère https://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/MASON/56082
  2. https://www.vox.com/world/2018/10/5/17879068/brexit-uk-eu-theresa-may-deal et https://www.vox.com/world/2018/11/15/18096580/brexit-theresa-may-eu-no-confidence
  3. Le Monde diplomatique : Brexit de gauche, une voie étroite ? https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/BICKERTON/59567
  4. https://jacobinmag.com/2018/12/richard-seymour-interview-brexit-theresa-may
  5. http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2019/01/16/31002-20190116ARTFIG00261-david-cayla-le-risque-du-82168216no-deal-vient-de-l-incapacite-de-l-union-europeenne-a-negocier.php
  6. Emmanuel Todd, interview publié dans Marianne : « Si les Anglais se couchent, nous entrons dans la nuit« 

5 réactions au sujet de « To Brexit or not to Be »

  1. L’analogie avec la bataille d’Angleterre en 1940 est très bonne : on retrouve les mêmes caractères, les mêmes incompétences, les mêmes dilemmes, les mêmes intérêts, les mêmes calculs à court terme et long terme des classes sociales dirigeantes.
    Est ce le fait de se croire hors du commun, de vouloir régenter la vie des autres,de manquer d’humanité qui poussent toutes ces personnes à vouloir transformer le monde au lieu de se soigner ?

  2. « L’Union européenne est incapable de négocier »
    L’union européenne c’est 28pays qui ont passé les siècles précédents à se fiche sur la tronche de toute les manières possibles… Le dernier s’étant fini en 1995 (guerres de Yougoslavie, 2001 si on inclue les conflits de la Serbie). Contrairement par exemple à des mastodontes comme la Russie, la Chine ou les Etats Unis où s’il y a pu y avoir des conflits, ils sont bien enterrés. L’UE ce sont des Etats dont la population du plus peuplé est presque 200fois la population du moins peuplé.
    Et vous imaginez que tous ces braves gens pourraient se mettre d’accord? J’imagine même pas ce que ça aurait été pour le choix du drapeau si à l’origine il n’y avait pas eu que 15 Etats. Et encore, il y a eu baston pour savoir s’il devait y avoir 15 étoiles ou 12, si on devait mettre des étoiles ou des cercles. Et les bagarres se poursuivent aujourd’hui pour savoir si le drapeau en question ne serait pas une manière planquée de symboliser la vierge marie des catholiques…

    « Sans pousser trop loin l’analogie historique, le Brexit constitue un choix entre la démocratie et l’ordo-libéralisme. »
    L’UE c’est à l’origine une volonté d’éviter ces guerres entre la France et l’Allemagne, pas de fusionner les pays. Et éventuellement de faire du commerce ensemble. C’est le commerce qui a agrégé l’UE parce que ce sont les entreprises qui ont définitivement intérêt à créer l’UE et surtout qui ont les moyens de la faire. Il y a eu glissement de la souveraineté des Etats vers les entreprises après le second conflit mondial (ou peut-être même avant). Et ça change pas mal de choses… L’idéal pour une entreprise, c’est la liberté des flux financiers… mais des citoyens beaucoup moins libres, corvéables à merci.

  3. Enfin ! Non seulement je comprends les enjeux du Brexit, mais surtout pourquoi je ne comprenais rien jusqu’ici. Du coup, cela devient intéressant. Merci une fois de plus pour votre pédagogie.

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